Par Ilyass Chirac Poumie
Sénateur Seïdou Mbombo Njoya, Vice-président de la Commission Départementale de Campagne du Rdpc dans le Noun.
Pouvez-vous nous dresser un bilan de la campagne présidentielle dans le Noun et nous indiquer votre niveau d’implication en tant que Vice-président de la Commission Départementale de Campagne du Rdpc?
La campagne dans le Noun a été menée avec méthode, enthousiasme et discipline. Nous avons opté pour une stratégie de proximité totale, telle que prescrite par la haute hiérarchie du parti. Elle ne s’est pas limitée aux grands meetings, mais s’est étendue aux visites de terrain, aux rencontres avec les chefferies, grandes familles, les groupements de jeunes, les associations de femmes, les déplacées internes et les corps de métier.
Mon implication, en tant que Vice-président, et surtout point focal à Foumban a été d’accompagner les responsables de la commission communale et des militants dans les différentes zones. Nous avons veillé à ce que notre message de « Grandeur et Espérance » soit parfaitement compris. À cet égard, il fallait accompagner les équipes de campagne dans les différents villages et quartiers, assurer une bonne logistique et garantir la mobilisation des militants. Nous avons travaillé sans relâche pour mobiliser nos troupes et convaincre les indécis. D’autre part, nous avons procédé à la distribution des gadgets de campagne et autres produits de première nécessité aux militants, dans la logique de la proximité. Je dois dire qu’en ma qualité de Sénateur depuis quelques mois, c’est ce travail de terrain et de contacts que nous menons. Donc, nous sommes dans la continuité. A cet égard, il faut mentionner l’implication de taille du sultan-roi des Bamoun, El Hadj Mouhammad-Nabil Mforifum Mbombo Njoya, membre titulaire du Comité central qui a mené une campagne dynamique qui n’a pas laissé les jeunes insensibles. Son apport a été remarquable et on sent que c’est une nouvelle donne qui se met en brande dans le Noun.
Quels sont les arguments majeurs que vous avez développés auprès des populations pour garantir la victoire de votre candidat, le Président Paul Biya ?
Nos arguments s’articulent autour de trois piliers fondamentaux qui résonnent profondément avec les préoccupations du Noun et de tout le Cameroun. La stabilité et l’unité nationale : Le président Paul Biya est le garant de la paix et de l’intégrité territoriale. En ces temps d’incertitudes régionales et de menaces asymétriques, l’expérience et l’autorité incontestable du Président sont notre meilleur rempart. Nous avons rappelé que sans paix, il n’y a ni développement ni avenir pour nos enfants.
La consolidation des acquis du Renouveau : Nous avons insisté sur les infrastructures réalisées (routes, ponts, électrification rurale) et les programmes sociaux en cours. Le Cameroun est sur la voie de l’émergence. Voter Paul Biya, c’est choisir de consolider les fondations plutôt que de tout risquer dans une aventure incertaine. Et dans le Noun, ces réalités et réalisations sont palpables. Des routes ont été construites, d’autres en cours (Foumban-Babadjou en passant par Kouoptamo, Foumban- Bangourain, Founban- Mabga, Bafoussam-Foumban…). Plusieurs autres infrastructures sont mises en service pour améliorer les conditions de vie des populations.
L’espérance pour la jeunesse : Notre message est celui de l’emploi par l’entreprenariat. Nous avons mis en avant les efforts pour financer l’auto-emploi des jeunes et la nécessité de l’achèvement de la décentralisation pour une meilleure allocation des ressources aux collectivités territoriales. Et comme notre candidat l’a lui-même indiqué dans son discours à Maroua, un accent sera mis sur l’autonomisation des jeunes et de la femme.
Le Noun est traditionnellement considéré comme un bastion de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC), qui contrôle la majorité des communes et 4 sièges sur 5 à l’Assemblée Nationale. Quelles stratégies concrètes le Rdpc met-il en œuvre pour renverser cette tendance, notamment à l’approche des prochaines législatives et municipales ?
Nous sommes parfaitement conscients de cette réalité, mais je puis vous assurer qu’il y a une dynamique assez intéressante pour le Rdpc sur le terrain. De Massangam à Njimom, de Koutaba à Kouoptamo en passant par Foumbot ou à Foumban, les choses bougent. Notre stratégie s’articule autour de deux axes : le rassemblement des forces vives. Le temps des querelles intestines est révolu. Nous travaillons à resserrer les rangs des élites Rdpc et à fédérer l’ensemble des potentiels autour des idéaux du Rdpc. C’est un signal fort d’unité et de cohésion. Nous travaillons également pour une implantation de proximité Le Rdpc ne se contente plus de la capitale départementale qu’est Foumban. Nous investissons le terrain, cellule par cellule, village par village. Nous remplaçons la politique de la représentation par la politique du résultat concret. Ceci passe par une assistance permanente de nos populations, sans plus attendre nécessairement la période de campagne électorale. Notre objectif est clair: démontrer que le développement local durable passe par la collaboration avec le parti au pouvoir, et non par une opposition stérile, qui multiplie des invectives contre nos institutions.
Au cas où le Président Paul Biya est réélu, quelles sont les attentes spécifiques du département du Noun ?
Le Noun est un département à fort potentiel agropastoral et culturel, mais il fait face à des défis précis. Il faut un désenclavement accéléré. Comme je l’ai dit tantôt, des routes ont été construites. Mais il est impérieux d’en développer encore, pour permettre l’écoulement de nos produits agricoles. Par ailleurs, le Noun a besoin d’un accompagnement accru pour la mécanisation de son agriculture et l’accès à l’énergie dans les zones rurales. C’est la clé de la lutte contre la pauvreté. En outre, il est important de promouvoir nos atouts culturels et touristiques. Nous attendons un soutien renforcé à la promotion du patrimoine et du tourisme culturel, créateur d’emplois pour notre jeunesse. A ce sujet, l’inscription du Nguon sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité grâce au soutien des pouvoirs publics, donne une visibilité engageante. Le Noun, en renouvelant sa confiance au Président, s’attend à être davantage considéré dans la redistribution des fruits de la croissance nationale. Nous sommes prêts à assumer nos responsabilités dans le nouveau septennat des Grandes Espérances
