Par Hajer Elina
Une procédure judiciaire est désormais engagée contre Vincent Sosthène Fouda à la suite de publications diffusées sur sa page Facebook et jugées diffamatoires par le sénateur Sylvestre Ngouchinghe, président-directeur général de CONGELCAM. L’affaire est suivie par le Secrétariat d’État à la Défense, qui a enclenché une action après une dénonciation formelle transmise aux services de renseignements.
Le 12 janvier 2026, Vincent Sosthène Fouda a publié un texte dans lequel il établit un lien direct entre le sénateur Sylvestre Ngouchinghe et le meurtre de Marie-Lou Mballa. Cette accusation repose, selon l’auteur, sur une transaction foncière portant sur l’acquisition de neuf mille mètres carrés de terrain auprès de la tante de la victime.
Dans sa dénonciation, Sylvestre Ngouchinghe qualifie ces allégations de mensongères et dénuées de toute preuve de culpabilité. Il estime que ces publications portent gravement atteinte à son honneur et constituent une tentative de déstabilisation de la paix sociale par des accusations infondées visant une personnalité de la République.
À la suite de cette plainte, la Gendarmerie nationale a émis une convocation officielle numérotée 00000003 à l’encontre de Vincent Sosthène Fouda. Celui-ci est attendu le mercredi 21 janvier 2026 à 10 heures dans les bureaux du lieutenant-colonel GWEHA Baudouin pour y être entendu.
La convocation précise qu’en cas de non-présentation, la force publique pourra être requise, conformément à l’article 195 du Code de procédure pénale.
L’enquête se poursuit afin de déterminer si les propos incriminés relèvent de la liberté d’expression et du droit à l’information ou s’ils constituent des faits de diffamation passibles de poursuites judiciaires.
Cette affaire intervient dans un contexte marqué par la montée des prises de position virulentes sur les réseaux sociaux, impliquant régulièrement des responsables politiques et économiques camerounais. Elle relance le débat sur les limites de l’activisme numérique face à la protection de la réputation, de l’honneur et de la cohésion sociale, dans un environnement sécuritaire et judiciaire de plus en plus attentif aux dérives de la communication en ligne.
