Par Joseph OLINGA N.
Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, comme identifiant culturel des Massa, le Gurna suscite une vive polémique chez les ressortissants des deux communautés installées dans l’Extreme-Nord du Cameroun et le Sud-est du Tchad. Le rite ancestral pratiqué par les Massa et les Toupouri depuis des siècles voit l’exclusivité de ses pratiques attribuée au peuple Massa. Une appropriation considérée comme une exclusion préméditée par les frères et voisins Toupouri.
L’affaire qui fait des gorges chaudes est telle que la communauté Toupouri envisage sérieusement de saisir l’Unesco afin que ce “tort” soit réparé. La communauté a d’ores et déjà initié une pétition qui ambitionne recueillir au six (06) mille signatures. Une initiative qui selon des interlocuteurs dans la communauté Toupouri qui a aussi pour objectif de dénoncer ce que nombreux considèrent comme une instrumentalisation politique. L’inscription du Gurna au patrimoine mondial de l’Unesco lui ouvrant par ailleurs les portes de quelques financements et des accès à des subventions internationales.
Coincé dans cette querelle qui impacte résolument la cohésion sociale entre les deux communautés, l’Unesco est appelé à trancher dans le vif afin de garantir la tradition de cohabitation et de vivre-ensemble entre ces deux communautés. Question pour les observateurs d’éviter que ce marqueur intercommunautaire, au lieu d’être un outil de cohésion social ne devienne plus tôt un élément de fracture entre ces peuples cohabitant depuis des siècles.
