Par Sandra Embollo
Au Cameroun, une prise de position publique de Katy Meba, nièce du président Paul Biya, fait réagir l’opinion et les milieux politiques. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, elle critique vivement la gestion et la distribution du pagne officiel de la Journée internationale des droits des femmes.
« Le pagne du 8 mars est une véritable torture », écrit-elle notamment, dénonçant un système qu’elle décrit comme « une mafia ». Selon elle, le tissu est introuvable chez les distributeurs agréés et ne serait disponible que chez des revendeurs qui le proposent à des prix pouvant atteindre 15 000 francs Cfa.
Katy Meba s’interroge sur l’accès au pagne pour les femmes aux revenus modestes, notamment dans les zones rurales. « Comment vont faire nos mamans du village ou les femmes qui disposent de petits budgets ? », écrit-elle, appelant les femmes à refuser de porter le pagne l’année prochaine s’il n’est pas disponible à un prix accessible pour toutes.
La sortie est d’autant plus remarquée que Katy Meba appartient à la famille du chef de l’État. Elle est la fille d’un frère cadet de Paul Biya et s’est récemment illustrée par la création d’un mouvement de jeunes appelé JERC.
Certains observateurs relèvent également qu’elle et son père n’ont pas été aperçus lors de certaines cérémonies officielles au palais présidentiel, notamment lors de la réception du 31 décembre 2025 et lors de l’anniversaire du chef de l’État célébré le 13 février 2026.
Dans les cercles politiques, cette prise de position alimente les commentaires sur de possibles tensions internes au sein de la famille présidentielle, où circulent depuis plusieurs années des spéculations sur les dynamiques de succession impliquant notamment la Première dame Chantal Biya et le fils du président Franck Biya. Aucune réaction officielle n’a toutefois été enregistrée pour l’instant.
Au Cameroun, le pagne officiel de la Journée internationale des droits des femmes est chaque année un élément central des célébrations du 8 mars. Sa distribution et son prix suscitent régulièrement des controverses. Le pays est dirigé depuis 1982 par Paul Biya, dont la longévité au pouvoir alimente périodiquement les débats sur la succession et les équilibres au sein de la famille présidentielle.
