Par Joël Onana
La journée a été marquée par une forte tension au siège du Manidem à Akwa, où plusieurs Camerounais se sont rendus pour rendre hommage à Anicet Ekane, décédé en détention dans des conditions qui continuent de susciter l’indignation.
Parmi les prises de parole, la nationaliste Henriette Ekwe, camarade de lutte d’Anicet Ekane, s’est exprimée publiquement, dénonçant ce qu’elle qualifie d’assassinat par le régime néocolonial de Paul Biya. L’émotion était palpable : une femme, submergée par la douleur, a tenté de se déshabiller pour maudire le régime, avant d’être retenue par la foule.
Sur place, plusieurs abonnés et sympathisants, dont Boubakary et Tchinda Verges, ont répondu à l’appel pour se rendre au siège du parti. Les slogans de colère ont fusé, notamment un retentissant
« Maudit soit Atanga Nji ».
La police, fortement présente autour du Manidem, a interdit l’installation d’une banderole rendant hommage à Anicet Ekane. Les forces de sécurité ont ensuite investi les lieux et arraché la banderole sur laquelle on pouvait lire « Anicet Ekane, mort ou assassiné ». Une intervention qui a immédiatement tendu l’atmosphère et suscité la colère des personnes venues se recueillir.

Selon plusieurs témoins, les forces de l’ordre empêchent désormais les rassemblements et toute manifestation d’hommage dans les environs du siège du parti. La tension reste vive sur place.
Anicet Georges Ekane, figure politique et dirigeant du Manidem, est décédé en détention, alimentant une vague de réactions politiques, citoyennes et internationales. Plusieurs responsables et militants accusent les autorités camerounaises de graves manquements et évoquent un possible assassinat. Depuis l’annonce de sa mort, de nombreux appels à rendre hommage au défunt se heurtent à des restrictions policières.
