Par Sandra Embollo
Lors de son passage dans cette ville marquée depuis des années par les affrontements entre groupes séparatistes armés et forces gouvernementales, le chef de l’Église catholique avait multiplié les gestes symboliques, notamment le lâcher de colombes présenté comme un message d’espoir pour les populations affectées par les violences.
Dans son homélie, le pape Léon XIV avait exhorté les différentes parties au conflit à privilégier le dialogue, la protection des civils et le retour à une paix durable. Il avait également appelé les autorités camerounaises et les groupes armés à faire preuve de responsabilité afin de mettre fin aux souffrances des populations.
Un mois après cette visite fortement médiatisée, plusieurs habitants de Bamenda affirment cependant que la situation sécuritaire demeure fragile, avec des tensions persistantes, des déplacements de populations et des activités économiques toujours perturbées dans plusieurs localités des régions anglophones.
Des responsables religieux et des membres de la société civile estiment néanmoins que la visite papale a permis de replacer la crise anglophone camerounaise au centre des préoccupations internationales et de raviver l’espoir d’un dialogue plus inclusif entre les différents acteurs impliqués dans le conflit.
Les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun sont secouées depuis 2016 par un conflit opposant des groupes séparatistes armés aux forces gouvernementales. La crise a provoqué des milliers de morts, des déplacements massifs de populations et une grave détérioration des conditions humanitaires dans plusieurs zones du pays.
