Par Ilyass Chirac Poumie
Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a annoncé lundi la libération d’environ soixante personnes arrêtées à la suite des violences ayant éclaté après le scrutin présidentiel. Selon lui, ces détenus étaient « principalement des mineurs drogués », désormais placés « sous surveillance parentale ».
« Environ 136 personnes ont été appréhendées et détenues à la suite des troubles survenus au lendemain du scrutin présidentiel. Parmi celles qui ont été libérées, on compte principalement des mineurs, environ 60 d’entre eux, sous surveillance parentale », a déclaré le ministre dans un communiqué rendu public à Yaoundé.
Cette annonce intervient vingt-quatre heures seulement après l’ultimatum de 48 heures lancé au président Paul Biya par Issa Tchiroma, leader du Front pour le Salut National du Cameroun, qui exigeait des mesures d’apaisement et la libération de tous manifestants arrêtés.
Les milieux politiques et de la société civile observent cette décision avec prudence, y voyant pour certains un signe d’ouverture, et pour d’autres, une manœuvre pour calmer la tension grandissante depuis la proclamation des résultats contestés.
Depuis la présidentielle, plusieurs villes camerounaises ont connu des manifestations dénonçant des fraudes massives et des arrestations arbitraires. Des centaines de citoyens, dont des militants de l’opposition, ont été interpellés. Paul Atanga Nji, souvent perçu comme l’un des ministres les plus durs du gouvernement, tente désormais de présenter cette libération comme un « geste d’apaisement » dans un climat politique extrêmement tendu.
