Par Serge Aimé BIKOI
L’ancien membre du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), conseiller municipal à la commune de Monatelé exhorte ses pairs à affronter un nouveau challenge qui commence, celui consistant à donner le coup d’envoi pour la 3ème République.
“Je suis revenu pour donner du courage à la jeunesse. Je voudrais dire aux Camerounais que c’est un nouveau départ qui commence”. Ce sont les premiers mots prononcés par Léon Theiller Onana qui fait son come-back au Cameroun. Le leader national de l’Organisation du Mouvement patriotique (Omp) appelle les jeunes à reprendre courage et à se dire qu’il y a un nouveau challenge qui commence et qui doit se faire dans la paix et dans la tranquillité parce que, explique-t-il, “notre pays est profondément divisé”.
Le retour au Cameroun : un geste risqué ?
À la question de savoir si L.T. Onana ne craint pas d’avoir des ennuis avec le régime en place au regard de ses prises de position iconoclastes, lesquelles ont ciblé le président national du Rdpc ces derniers mois avant le déroulement de l’élection présidentielle du 12 octobre dernier, l’homme politique répond sans ambages:
“Si on m’arrête parce que j’ai dit la vérité, alors, il y a un problème. Je suis là pour démontrer que la jeunesse ne doit plus avoir peur. Je le répète, je suis là pour donner la force à cette jeunesse-là et à tout le peuple. Vous voyez il est difficile de parler politique aujourd’hui parce qu’on veut voir ses enfants grandir. Ça doit s’arrêter”.
L’actuel conseiller municipal à la commune de Monatelé clame, haut et fort, qu’il n’ira pas en exil.
“Je n’irai pas en exil. Je suis parti voir les autres Camerounais pour dire à ceux qui sont à l’extérieur que j’ai ouvert la route et que je souhaite qu’ils rentrent aussi au pays pour redonner la force à ce pays et, surtout, pour changer les choses”.
L.T. Onana affiche, dans la même veine, ses ambitions politiques. L’élu local envisage de constituer son dossier de candidature pour les élections législatives de 2026.
“La députation est mieux parce que je peux aller défendre beaucoup de choses là-bas et si je suis à l’Assemblée nationale, ce sera 100 députés à l’Assemblée”.
L’Omp, parti dont L.T. Onana tient les rênes, compte, d’ailleurs, présenter des candidatures autant aux municipales qu’aux législatives.
“Si le directoire décide que je prenne part à ces élections, je le ferai. Mais certainement, je vais conduire une liste. Ce qui est sûr et certain, c’est que je vais soutenir tous les candidats, que ce soit au Nord, au Sud, à l’Ouest, partout où il y aura les candidats de l’Omp, je vais les soutenir”,
explique-t-il.
Après la présidentielle 2025, l’heure d’apaiser les tensions
La page de la présidentielle 2025 étant tournée, le leader de l’Omp appelle à la résolution de la crise post-électorale, en apaisant les tensions.
“J’irai à la rencontre des prisonniers parce que ce sont des Camerounais. Pas seulement des prisonniers, mais des leaders politiques. En réalité, je ne reviens pas seulement visiter le Cameroun. Je reviens rassembler aussi. Je voudrais aussi assurer qu’il y a la partie de la présidentielle qui est terminée, mais il y a encore une tension dans l’air. C’est cette tension-là que nous sommes venus calmer. Pas pour oublier ce qui s’est passé, mais pour rassembler, pour qu’on prenne un autre chemin qui doit nous ramener là où on doit être”.
L.T. Onana entrevoit, dans le même sillage, aller à la rencontre des opprimés, des déshérités pour leur apporter du soutien. Aussi exprime-t-il le vœu de saisir les autorités de la République pas seulement pour leur poser des problématiques existentielles, mais pour leur exposer des solutions. En rappel, L.T. Onana a, après avoir démissionné du Rdpc, intégré l’Organisation du Mouvement patriotique en septembre 2015. L’ancien membre du parti au pouvoir, qui s’est porté candidat à la dernière élection présidentielle sous les couleurs de cette formation politique et dont le dossier de candidature a été rejetée par le conseil électoral d’Elections Cameroon et le conseil constitutionnel, a été porté à la tête de l’Omp à l’issue de son assemblée générale élective du 12 septembre 2025. C’est aussi ce leader politique qui avait traîné son ancien parti politique en justice pour “non-respect des statuts”.
