Par Armand Soussia
À Yaoundé, une affaire judiciaire suscite la controverse après la dénonciation publique d’un mandat d’arrêt visant Théophile Awana, cadre au ministère de l’Agriculture et du Développement rural.
Selon l’intéressé, des policiers de la Police judiciaire se seraient présentés dans les locaux du ministère pour procéder à son interpellation sur la base d’un mandat délivré par le procureur près le tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif, le magistrat Fernand Ntcham Nkolo. L’opération aurait été menée sous la coordination du commissaire principal de police Ayangona.
Théophile Awana affirme que les agents étaient venus avec l’ordre de l’arrêter, de le menotter et de le conduire devant le magistrat instructeur. Il dénonce une procédure qu’il qualifie d’irrégulière et d’atteinte à ses droits.
Le fonctionnaire soutient que cette mesure ferait suite à une plainte pour diffamation attribuée à Samuel Eto’o, ancien capitaine des Lions indomptables et actuel président de la Fédération camerounaise de football.
Dans son message relayé sur les réseaux sociaux, Awana affirme qu’aucune enquête préalable n’aurait été menée avant la délivrance du mandat et s’interroge également sur l’origine des informations personnelles figurant dans le document judiciaire.
Il appelle le procureur général près la Cour d’appel du Centre, le magistrat Ntamack, à intervenir afin d’examiner la régularité de la procédure et à empêcher, selon ses termes, « une injustice dans un État de droit ».
À ce stade, ni Samuel Eto’o ni les autorités judiciaires concernées n’ont pas publiquement réagi à ces accusations.
Au Cameroun, les procédures pour diffamation relèvent généralement d’un cadre judiciaire précis impliquant le dépôt d’une plainte et l’ouverture d’une enquête préalable. Les tensions autour de Samuel Eto’o, devenu depuis 2021 président de la Fédération camerounaise de football, ont régulièrement alimenté des controverses politiques, médiatiques et judiciaires dans le pays.
