Par Léopold DASSI NDJIDJOU
Le gouvernement s’est abondamment exprimé sur l’épidémie de violences sexuelles envers les enfants, les infanticides et les féminicides qui travaillent la société camerounaise depuis quelque temps. C’est sans conteste une bonne initiative car on comprend par là que ceux qui dirigent le pays ont pris la température sociale relativement à la flambée inédite de violences à l’endroit des filles et des femmes.
Dans la foulée, on a compris une volonté ferme et une détermination de certains ministères concernés par la question pour, à défaut de juguler le mal, l’atténuer. Ainsi, les ministres de la Promotion de la femme et de la famille ; des Affaires sociales et de la Santé publique sont vent debout contre ces dérives.
A la suite de tout ceci, on ne peut que féliciter le ministre de la Communication et porte- parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi et ses collègues.
Tout de même, il y a des questionnements qui taraudent les esprits de veilleurs sociaux. Pourquoi le gouvernement se comporte-t-il exactement comme les élus dans nos collectivités territoriales qui laissent pousser sous leurs yeux des édifices sur des espaces inconstructibles? Un beau matin, voilà le Maire et son équipe qui se lèvent avec la peinture et les pinceaux en main, sillonnent la ville et apposent des croix rouges de Saint-André sur des constructions indésirables! Au finish cela n’a jamais rien changé car nos élus élus courent après une population foncièrement incivique, jamais repentie en dépit des sanctions du maire.
Ce qu’il faut pour juguler le mal est au-delà du sinistre tableau dépeint par le gouvernement, la prise de mesures prospectives qui visent à dissuader tous ceux qui veulent vivre en marge de la loi. Dans cette perspective , quelles mesures prend le gouvernement en amont de la survenance de cette flopée de violences sur les femmes et les enfants? Il y a toujours les agents vecteurs de tout malaise social. Dans le cas d’espèce, le coupable désigné sont les réseaux sociaux. Par exemple, en ce qui concerne les violences sexuelles, le marché de la pornographie n’a jamais été aussi prospère surtout au milieu des jeunes gens. Ils sont gravés à longueur de journée sur l’écran de leur téléphone, le plus souvent précocement, non seulement au sexe dans sa dimension normale mais aussi sous toutes ses formes les plus animales et déviantes de l’éthique et des bonnes mœurs.
Face à toutes les plateformes qui offrent le sexe débridé à profusion, qui droguent la Jeunesse d’une énergie libidinale maléfique, que faut le gouvernement pour protéger sa jeunesse ? Il y a aussi tous ces enseignements ésotériques frelatés déversés sur les réseaux sociaux par des pseudos maîtres qui aguichent des âmes faibles en leur prescrivant des pratiques inavouables pour des gains rapides et sordides. Ils vendent ces chimères au premier venu et la société peut s’en trouver très mal comme on le voit aujourd’hui. Pour ce qui est des féminicides, il y a de plus en plus au sein des jeunes garçons une volonté manifeste de ne pas protéger la femme, de ne pas lui donner de l’argent. Sur les réseaux sociaux, ils se constituent en “Syndicat” et se partagent ouvertement les méthodes pour dominer la femme. Ils ne font pas confiance aux femmes et ceci peut faire le lit aux féminicides d’aujourd’hui. Pour terminer, il convient de tirer la sonnette d’alarme sur le tribalisme ambiant sur les réseaux sociaux.
Le gouvernement ne lit-il pas ou n’écoute-t-il pas tous les messages inacceptables qui sont publiés par des sujets bien connus et identifiables? Les autorités attendent -elles que le conflit soit physiquement ouvert pour venir après coup dire ce que fait le gouvernement contre le tribalisme au Cameroun ? Ce ne sera que peine perdue car il ne sert à rien de faire le médecin après la mort.
Il ne sert à rien d’exhiber la loi qu’on n’arrive pas à exiger de tous les citoyens, son respect. Que de précautions législatives pour une marche harmonieuse de l’Etat du Cameroun ! Mais aussi sur des silences assourdissants face aux violations flagrantes de la loi! De toutes les façons, il est plus onéreux de courir après un peuple incivique que de l’inspirer par un leadership de transparence et de sincérité.
