Par Mon’Esse
Au Cameroun, le régime de Paul Biya, en place depuis 1982, a été marqué par de nombreux assassinats, jamais élucidés à ce jour, de responsables de l’Église catholique locale.
Si le cas de l’abbé Materne Biko, tué en1982 et qui semble avoir été victime collatérale de l’assassinat, 3 ans plus tôt, de l’abbé Kounou, commence à s’effacer dans les mémoires, 1988 constituera un vrai choc.
Cette année-là en effet, l’abbé Joseph Mbassi est retrouvé mort dans sa chambre à Yaoundé et les enquêtes, débutées au pas de charge, n’aboutira à aucune arrestation de présumé(s) tueur(s).
Il en sera de même du prêtre Anthony Fontegh, assassiné en 1990 à Bamenda, de l’archevêque de Garoua, Yves Plumey, tué un an plus tard.
En 1992, c’est au tour des religieuses Germaine Marie Husband et Marie Léone Bordy d’être tuées à Djoum (Sud). Une version de l’enquête, sur laquelle de nombreux doutes surviront, conclura à leur assassinat par un jeune du coin.
En septembre 1995, lorsque le pape Jean Paul II foule pour la deuxième fois le sol camerounais, un autre prêtre a été tué 5 mois plus tôt dans le pays, et son bourreau jamais retrouvé.
Suivra, en 2001, le cas de l’abbé Apollinaire Claude Ndi 2001, celui en juin 2017 de l’évêque de Bafia, Jean-Marie Benoît Balla, dont le corps sera repêché dans les eaux de la Sanaga.
Ici et là, on a rapidement tourné la page et Paul Biya, fils de cathéchiste et lui-même ancient séminariste, a continé à régner sans partage.
Et beaucoup doutent que le chef de l’Etat et Léon XIV aient seulement l’envie d’évoquer cette série noire, lors de leur tête à tête de demain.
