Par Ilyass Chirac Poumie
L’absence remarquée de Cavaye Yeguié Djibril, président de l’Assemblée nationale et troisième personnalité de l’État, suscite interrogations et commentaires. À l’occasion de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux de nouvel an, le doyen de l’Assemblée ne s’est pas présenté, se faisant représenter par son premier vice président, Hilarion Etong.
Fait notable, cette cérémonie a été organisée comme à l’accoutumée à l’Assemblée nationale, malgré l’absence de son principal bénéficiaire. Une situation d’autant plus singulière que Cavaye Yeguié Djibril a ainsi devancé, par son absence, le président du Sénat, pourtant deuxième personnage de la République.
De son côté, le président du Sénat, Marcel Niat Njifenji, a reçu les vœux de nouvel an d’un nombre très limité de sénateurs, non pas au Palais des Congrès ou dans l’enceinte du Sénat, mais dans sa résidence privée. Une image inhabituelle qui alimente les spéculations sur l’état réel de fonctionnement des institutions et la visibilité de leurs principaux dirigeants.
Depuis plusieurs années, les absences répétées ou les apparitions très espacées de certaines hautes autorités de l’État camerounais, notamment les présidents des deux chambres du Parlement, sont régulièrement relevées par l’opinion publique. Ces situations relancent périodiquement le débat sur la gouvernance institutionnelle, la continuité de l’État et la nécessité d’une plus grande transparence sur la capacité des responsables à exercer pleinement leurs fonctions.
