Par Reagan Lebisano
La République du Congo a organisé dimanche 15 mars son élection présidentielle, un scrutin largement considéré comme joué d’avance en faveur du président sortant Denis Sassou Nguesso.
Âgé de 82 ans et au pouvoir depuis plusieurs décennies, ce dernier brigue un nouveau mandat face à six autres candidats jugés peu influents sur la scène politique nationale.
Selon plusieurs observations sur le terrain, la participation apparaît particulièrement faible, notamment dans la capitale Brazzaville, où de nombreux bureaux de vote sont restés peu fréquentés, traduisant une forme de lassitude ou de désillusion des électeurs.
Le scrutin s’est déroulé dans un contexte politique tendu, marqué par le boycott de plusieurs partis d’opposition et l’absence de figures majeures, certaines étant emprisonnées ou en exil.
Des préoccupations ont également été soulevées concernant la transparence du processus électoral, notamment après des perturbations comme des coupures d’internet signalées le jour du vote, ravivant les critiques de la société civile.
Malgré ces contestations, les autorités assurent que le scrutin s’est déroulé dans des conditions régulières et que les institutions électorales fonctionnent normalement. Les résultats provisoires sont attendus dans les jours suivant le vote.
Denis Sassou Nguesso dirige le pays presque sans interruption depuis 1979, avec un retour au pouvoir en 1997 après une guerre civile. Il a été réélu à plusieurs reprises, notamment en 2021 avec plus de 88 % des voix.
La Constitution révisée en 2015 a supprimé la limite d’âge présidentielle, lui permettant de se représenter.
Pays riche en pétrole mais confronté à une pauvreté persistante, la République du Congo traverse une période de fortes attentes sociales, notamment chez les jeunes, dans un climat de défiance vis-à-vis de la classe politique.
