Par Cynthia Konan Tawa
L’ancien chef de l’État ivoirien, Laurent Gbagbo, relance le débat judiciaire autour de la crise postélectorale de 2010 à 2011 et, plus largement, de la décennie de violences qui a secoué la Côte d’Ivoire. Dans une lettre rendue publique le 8 décembre 2025, il indique avoir mandaté l’un de ses avocats pour « ressaisir la Cpi et remettre sur la table le problème de la guerre de Côte d’Ivoire ».
Selon le document, Laurent Gbagbo y expose longuement sa lecture des événements ayant mené au conflit, des affrontements qui ont suivi l’élection présidentielle de 2010, ainsi que des tensions persistantes qui ont marqué les années suivantes.
Son avocat, Maître Emmanuel Altit, explique cette initiative par la volonté d’identifier « ceux qui ont une responsabilité déterminante, c’est-à-dire les instigateurs, les financiers, et bien entendu les criminels », estimant que seule une reprise des investigations pourrait permettre d’établir des responsabilités complètes et crédibles.
Cette démarche résonne comme une nouvelle tentative de mettre en lumière des zones d’ombre que l’ex-président, acquitté définitivement par la Cpi en 2021, estime toujours ignorées ou insuffisamment explorées.
Laurent Gbagbo, président de la Côte d’Ivoire de 2000 à 2011, fut arrêté après la crise postélectorale qui avait opposé ses partisans à ceux d’Alassane Ouattara. Transféré à la Cpi en 2011, il fut jugé pour crimes contre l’humanité avant d’être acquitté en première instance en 2019, puis définitivement en 2021. Depuis son retour en Côte d’Ivoire en 2021 et son retrait progressif de la vie politique, il n’avait plus publiquement demandé une révision judiciaire du dossier. Sa nouvelle initiative intervient dans un contexte politique marqué par des recompositions internes et par des appels récurrents à une relecture des responsabilités dans les violences qui ont déchiré le pays.
