Par Julie Peh
Mardi 23 décembre, sur le plateau d’une chaîne ivoirienne, le président de la CEI, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, a dénoncé publiquement des « irrégularités graves » constatées en pleine campagne électorale, ouverte depuis le 19 décembre. En ligne de mire : la falsification de documents officiels, l’utilisation illégale de symboles politiques et même l’exploitation de l’image du chef de l’État à des fins de propagande.
Un cas emblématique a été cité dans la circonscription de Liliyo–Okrouyo. Selon la CEI, un candidat non investi par le PDCI-RDA se présente comme indépendant tout en utilisant un spécimen de bulletin de vote falsifié, calqué sur celui du candidat officiel du parti.
« Il modifie le document pour créer la confusion et faire croire qu’il est sous la bannière du PDCI », a expliqué Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, qualifiant l’acte de fraude administrative.
Pour la Commission, la loi est claire. Le spécimen de bulletin étant un document officiel, toute modification constitue un délit de faux et usage de faux, passible de sanctions pénales.
« Nous avons demandé que cela soit arrêté immédiatement. Si ce matériel frauduleux n’est pas retiré avant vendredi matin, les sanctions vont suivre », a averti le président de la CEI, rappelant qu’aucune confusion ne doit être entretenue dans l’esprit des électeurs.
Au-delà de ce cas précis, la CEI dit avoir recensé d’autres manquements à travers le pays : affiches de campagne arborant l’image du président de la République, usage de véhicules administratifs, ou encore diffusion de fausses informations pour discréditer des adversaires politiques. Des pratiques formellement interdites par la loi électorale.
Une mise en demeure générale a été adressée à tous les candidats concernés. Ils ont jusqu’au vendredi 26 décembre, veille du scrutin, pour se conformer strictement aux règles. Le même jour, la Commission centrale de la CEI se réunira pour examiner chaque violation signalée.
« Le vendredi soir, nous publierons une dernière liste électorale. Elle pourrait être amputée des noms de ceux qui auront enfreint la loi », a prévenu Ibrahime Coulibaly-Kuibiert. À moins de 72 heures du vote, le message est sans équivoque : au-delà d’une possible radiation de la course aux législatives, les contrevenants s’exposent également à des poursuites judiciaires et à des peines de prison. Pour la CEI, le respect des règles électorales n’est pas une option, mais une obligation.
