Par Julie Peh
Tidjane Thiam, ancien directeur général de Credit Suisse et président du PDCI-RDA, a vu sa candidature invalidée en raison de sa radiation des listes électorales. Cette radiation est liée à une question de nationalité. Bien qu’il ait renoncé à sa nationalité française en février 2025, la justice a estimé qu’il avait perdu sa nationalité ivoirienne lors de l’acquisition de la nationalité française en 1987, le rendant inéligible. Laurent Gbagbo, ancien président de la République (2000–2011) et leader du PPA-CI, a également été disqualifié. Il a été radié des listes électorales en raison d’une condamnation judiciaire, ce qui l’empêche de remplir la condition d’« électeur » requise pour être éligible.
Avec ces exclusions, deux figures emblématiques de l’opposition sont officiellement écartées du jeu politique.
Les autorités justifient leur décision par le respect strict des critères légaux — inscription sur les listes électorales et statut d’électeur. Cependant, plusieurs voix s’élèvent contre ce qu’elles qualifient de manœuvre de neutralisation de l’opposition. Des observateurs dénoncent ce verdict comme un moyen détourné de restreindre le débat démocratique.
Parmi les candidats retenus figurent notamment Alassane Ouattara, toujours favori du scrutin, Simone Ehivet Gbagbo, Jean-Louis Billon, Henriette Lagou et Ahoua Don Mello — deux femmes faisant leur entrée dans la compétition, une configuration inédite.
Sans la présence de Thiam et Gbagbo, l’élection risque d’apparaître déséquilibrée et peu inclusive, alimentant les tensions sur la légitimité du processus.
La décision du Conseil constitutionnel soulève une tension , elle applique la loi avec rigueur, tout en mettant en péril la représentation pluraliste indispensable à une élection crédible. En excluant deux figures emblématiques de l’opposition, la Côte d’Ivoire se trouve à un carrefour important , celui de garantir l’équité démocratique dans un contexte de grande incertitude politique.
