Par Armand Soussia
Le photographe ayant accompagné Issa Tchiroma Bakary lors de la dernière élection présidentielle est actuellement détenu au Secrétariat d’État à la Défense, à Yaoundé. Selon le journaliste Guibaï Gatama, qui dit le connaître depuis de nombreuses années, le jeune homme surnommé Alpha l’a contacté par téléphone depuis les locaux du Sed, à l’aide d’un appareil de service.
Au cours de cet échange, Alpha a indiqué se préparer à être conduit devant le Tribunal militaire de Yaoundé pour une audience. Plus grave encore, interrogé sur l’assistance d’un avocat, il a affirmé ne pas en bénéficier, faute de moyens financiers, se retrouvant ainsi seul face à l’appareil judiciaire militaire.
Guibaï Gatama explique n’avoir été informé de son arrestation à Garoua que plusieurs jours après les faits, sans qu’aucune communication officielle n’ait permis de connaître les charges exactes retenues contre lui. Il dénonce une situation qu’il qualifie d’inacceptable, estimant qu’un citoyen ne saurait être privé de ses droits fondamentaux, notamment celui à une défense, dans un État qui se réclame de la justice et de l’État de droit.
Le journaliste précise avoir accepté de rendre publique cette information pour des raisons strictement humanitaires, face au silence et à l’opacité entourant cette affaire, et lance un appel à la solidarité afin que ce jeune professionnel ne soit pas broyé par un système qu’il ne comprend même pas.
À l’approche de l’élection présidentielle de 2025, le climat politique camerounais est marqué par une multiplication d’arrestations jugées arbitraires par des observateurs et des acteurs de la société civile. Le recours fréquent au Secrétariat d’État à la Défense et au Tribunal militaire dans des affaires impliquant des civils alimente les critiques sur une justice perçue comme instrumentalisée et éloignée des principes fondamentaux des droits humains.
