Par Mon’Esse
L’organisation non gouvernementale (Ong) Amnesty International a, jeudi, invité les autorités camerounaises à
«cesser de harceler la défenseure des droits humains Alice Nkom et de s’en prendre aux organisations de la société civile».
Pour le directeur régional par intérim dudit organisme pour l’Afrique de l’ouest et l’Afrique centrale, Marceau Sivieude, l’interdiction des activités et la suspension arbitraire, pour 3 mois, du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac) et de trois autres organisations de la société civile sont contraires aux obligations internationales du pays en matière de droits humains.
«Les autorités camerounaises doivent mettre fin à la suspension des organisations concernées, rétablir leur statut et leur permettre de mener leurs activités sans ingérence arbitraire, estime l’Ong. Elles doivent immédiatement mettre fin à l’utilisation abusive de la justice pour cibler Alice Nkom et d’autres défenseur.e.s et militant.e.s des droits humains.»
Le 10 décembre, rappelle Amnesty, Alice Nkom a été convoquée une première fois par le préfet du département du Wouri après avoir brisé les scellés posés sur les portes de l’immeuble abritant les bureaux du Redhac, et elle ne s’est pas rendue à cette convocation ni à une deuxième, demandant un report en janvier afin de garantir la présence de son avocat.
En fin décembre, elle a été convoquée par le chef du service central des recherches judiciaires de la gendarmerie nationale pour des «besoins d’enquête», suite à une dénonciation faite le 18 décembre par une Ong camerounaise auprès du tribunal militaire de Douala, l’accusant de réunir des fonds pour s’opposer aux autorités actuelles et soutenir les groupes armés des régions anglophones.
Amnesty International rappelle que, dans ses observations finales sur le pays, publiées en décembre dernier,
le comité des Nations unies contre la torture s’est dit préoccupé par des informations faisant état d’intimidations, de menaces, de harcèlement, d’usage excessif de la force, d’arrestations et de détentions arbitraires, de poursuites judiciaires, y compris devant des tribunaux militaires, de torture et mauvais traitements, de disparitions forcées et d’exécutions extrajudiciaires dont continuent à être victimes les défenseurs des droits de l’homme, les membres de la société civile, les journalistes, les opposants politiques et les manifestants pacifiques».
