Par Ilyass Chirac Poumie
Dans un communiqué conjoint, Les Partisans du Changement au Cameroun (LPCC) et le Groupe de Douala – Soif d’Avenir (LGD-SA) exhortent les forces politiques à dépasser leurs divisions pour
« arracher l’avenir de la nation aux griffes de l’injustice ».
« L’union sacrée est notre devoir. La détermination est notre seule voie. L’avenir de la nation doit être arraché aux griffes de l’injustice »,
écrivent les signataires, qui appellent à la formation d’une candidature consensuelle et à un gouvernement d’union nationale.
Le communiqué souligne que l’expérience d’autres pays africains comme
« la Gambie, le Malawi ou encore le Sénégal »; prouve que des régimes solidement enracinés peuvent être renversés par « l’unité et la détermination populaire ».
Soutiens religieux et civils
Le texte cite également des voix issues de la société civile et du clergé. Mgr Barthélemy Yaouda, évêque de Yagoua, récemment interrogé par La Croix Africa, déplorait
« la misère et l’abandon des populations de l’Extrême-Nord »,
allant jusqu’à lancer un cri de détresse :
« Prenons même le diable, on verra après… ».
Des responsables de l’église catholique se sont également prononcés ces derniers mois en faveur d’un « changement pacifique » à la tête du pays.
Les exigences des signataires
Les organisations à l’origine de cet appel posent plusieurs conditions pour créer une dynamique unitaire :
- Mettre fin aux querelles de leadership.
- Mutualiser les efforts de contrôle des opérations électorales.
- Adopter un projet de société partagé.
- Constituer une alliance stratégique immédiate avec une feuille de route.
- Garantir une gouvernance partagée pour éviter toute « confiscation du pouvoir ».
Elles annoncent par ailleurs la tenue prochaine d’un conclave avec les candidats de l’opposition validés par le Conseil constitutionnel, afin de trancher sur une candidature unique.
Contexte politique tendu
Ce nouvel appel survient alors que le paysage politique camerounais reste profondément fragmenté. La plupart des grandes figures de l’opposition, à l’instar de Maurice Kamto (Manidem) ou Cabral Libii (Pcrn), avait au départ déposé chacun une candidature. Les discussions engagées depuis juin pour désigner un candidat unique n’ont pas abouti, alimentant les doutes d’observateurs.
« La vraie bataille se joue désormais dans la capacité de l’opposition à se rassembler »,
estime le politologue Dieudonné Zognong, joint par Panorama Papers.
« Faute d’unité, la machine électorale du Rdpc (parti au pouvoir) restera quasiment imprenable. »
Une fracture entre espoir et scepticisme
Dans les rues de Douala, certains citoyens expriment leur soutien.
« On attend ce sursaut depuis des années. S’ils s’unissent, le changement est possible »,
témoigne Justine Ngono, commerçante au marché central de Douala.
Mais d’autres se montrent plus prudents:
« Ils nous parlent toujours d’unité avant les élections, puis chacun retourne à ses ambitions personnelles »,
soupire Étienne Monkam, étudiant en sciences politiques.
