Par Adam Newman
Boeing est enfin dépêtré de ses affaires juridiques sur les crashs de 2018 et 2019. Un juge fédéral du Texas en charge du dossier a ordonné l’abandon des poursuites, en accord avec une requête du ministère de la Justice des États-Unis. Une décision qui découle d’un accord conclu entre l’administration et le géant américain, annoncé le 23 mai dernier.
L’avionneur était poursuivi suite à deux accidents mortels, l’un en Éthiopie, l’autre en Indonésie, qui avaient causé 346 morts. Le gouvernement américain lui reprochait de ne pas avoir communiqué certains aspects techniques de son logiciel antidécrochage. L’avionneur a accepté il y a plusieurs années déjà la responsabilité des deux accidents car “la conception du (logiciel) Mcas a contribué à ces événements”.
La vente au gouvernement fédéral pourra continuer
Un procès devait débuter le 23 juin au Texas mais l’entente entre les deux parties – un non-prosecution agreement (NPA) – l’a suspendu. S’il avait été condamné, Boeing aurait pu être en difficulté pour signer des contrats avec le gouvernement fédéral américain, un énorme client pour ses activités aérospatiales et de défense.
Pour s’éviter cela, l’entreprise a reconnu avoir cherché à “faire obstruction et à entraver” le travail du régulateur américain de l’aviation civile. Elle s’est engagée à décaisser 1,1 milliard de dollars, dont 444,5 millions pour alimenter un fonds d’indemnisation des proches de victimes, qui avait déjà été crédité en vertu d’un accord de poursuites différées conclu en 2021. La somme restante consiste en une amende de 244 millions de dollars ainsi qu’une enveloppe de 455 millions dédiée au renforcement des programmes internes de sécurité, qualité et conformité de la société originaire de Seattle (État du Washington). Selon l’avionneur, plus de 90% des plaintes civiles liées aux deux crashs ont abouti à des ententes hors tribunal. Il précise avoir versé “plusieurs milliards de dollars”, en plus des sommes allouées dans la procédure pénale.
Une embellie en 2025
Le cours de l’action Boeing a perdu 0,5% suite à cette annonce, alors que l’Américain entame une belle remontée en 2025. Après une horrible année 2024, entre perte d’une porte de secours et boulons dévissés, ses ventes avaient chuté et il avait perdu 11,8 milliards de dollars. Mais en 2025, elle s’est bien reprise en remontant de plus de 14% en Bourse, malgré un nouveau crash mortel dans l’Ouest de l’Inde. Ce qui n’a pas empêché Qatar Airways de lui commander pour 60 milliards de dollars d’appareils, ni d’en vendre pour 10 autres milliards à Londres. Le tout porté par l’arrivée de Kelly Ortberg à la tête de l’entreprise, qui entretient de très bonnes relations avec Donald Trump et a permis de diminuer de 30% les défauts de fabrication et de réduire les retards de livraison. Même si, sur ce point, Boeing accuse toujours du retard sur son concurrent européen Airbus.
