Par Ross Hill
Jeudi 27 novembre 2025, l’USCIS a confirmé qu’elle procédait à une « réexamination à grande échelle, rigoureuse » de toutes les green cards émises à des personnes originaires des 19 pays listés dans une proclamation présidentielle de juin.
La mesure affecte les ressortissants — ou anciens ressortissants — d’Afghanistan, Birmanie (Myanmar), Tchad, République du Congo, Guinée équatoriale, Érythrée, Haïti, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Yémen, Burundi, Cuba, Laos, Sierra-Leone, Togo, Turkménistan et Venezuela.
Ce réexamen fait suite à une attaque perpétrée à Washington, D.C., contre deux soldats de la garde nationale, le suspect étant un Afghan entré aux États-Unis via l’évacuation d’Afghans menée en 2021 et ayant obtenu l’asile puis une carte verte.
Par ailleurs, l’administration a suspendu indéfiniment le traitement de toute nouvelle demande d’immigration provenant de ressortissants afghans, le temps de revoir les protocoles de sécurité et de filtrage.
Selon l’USCIS, l’objectif est de s’assurer qu’aucun résident permanent issu de ces pays ne représente un « risque pour la sécurité nationale ».
Depuis 2021, l’immigration et le droit d’asile sont des sujets sensibles aux États-Unis, oscillant entre l’accueil de réfugiés et la volonté de renforcer les contrôles migratoires. La carte verte — qui accorde le statut de résident permanent — a longtemps été perçue comme un document stable conférant des droits civils et sociaux. Toutefois, sous l’administration Trump, les critères de sécurité et de nationalité sont désormais réévalués : des populations qui avaient déjà obtenu l’asile ou la résidence risquent, selon l’administration, d’être reconsidérées.
L’annonce de cette réexamination intervient immédiatement après un incident dramatique — la fusillade près de la Maison-Blanche — ce qui reflète la priorité donnée par l’exécutif à la « sécurité nationale » plutôt qu’à la continuité des statuts existants. Cette initiative pourrait concerner des centaines de milliers de personnes vivant légalement aux États-Unis, notamment des réfugiés afghans arrivés après le retrait américain d’Afghanistan, ainsi que des immigrants originaires des autres pays concernés.
