Par Ross Hill
Selon les informations disponibles, le suspect, Rahmanullah Lakanwal, âgé de 29 ans, est entré légalement aux États-Unis en septembre 2021 via le programme Operation Allies Welcome, qui avait permis la réinstallation de milliers d’Afghans après la chute de Kaboul. Il vivait depuis plusieurs années avec son épouse et leurs cinq enfants dans la ville de Bellingham, dans l’État de Washington. Après avoir déposé une demande d’asile en 2024, il avait obtenu ce statut en 2025.
Mercredi, près de la station de métro Farragut West, non loin de la Maison-Blanche, Lakanwal aurait ouvert le feu avec un revolver .357 Magnum sur deux soldats de la garde nationale en patrouille. Les autorités décrivent les faits comme une embuscade brutale et ciblée. L’un des militaires a succombé à ses blessures, tandis que l’autre demeure dans un état critique. Le suspect, blessé lors de la riposte par d’autres membres de la garde nationale, a été arrêté et placé en détention sous surveillance médicale.
Des éléments biographiques rapportent qu’avant son arrivée aux États-Unis, Lakanwal avait servi dans une unité paramilitaire afghane soutenue par la CIA, un détail qui soulève des interrogations quant à son parcours et aux éventuels signaux d’alerte. Aucune motivation officielle n’a cependant été communiquée et les enquêteurs ne privilégient pour l’instant aucune piste publique, qu’elle soit idéologique, personnelle ou terroriste.
À la suite de l’attaque, l’administration américaine a annoncé la suspension immédiate du traitement des nouvelles demandes d’immigration en provenance d’Afghanistan, ainsi qu’une révision des procédures de filtrage. L’événement intervient au moment où le gouvernement examine déjà les green cards et dossiers d’asile émis pour 19 pays considérés comme sensibles. Depuis la fin de l’engagement militaire américain en Afghanistan, des dizaines de milliers de ressortissants afghans ont été admis aux États-Unis grâce à des programmes d’urgence. Leur intégration et leur suivi administratif font régulièrement l’objet de débats politiques. L’affaire Lakanwal, survenue au cœur de la capitale, renforce la pression sur les autorités migratoires et alimente les critiques d’un contrôle jugé insuffisant par certains responsables. D’autres acteurs appellent toutefois à éviter toute stigmatisation envers les réfugiés afghans, rappelant que la majorité d’entre eux ont fui les Talibans en raison de leur collaboration avec les forces américaines. L’enquête se poursuit et aucune conclusion définitive n’a encore été établie.
