Par Ilyass Chirac Poumie
Le Laakam Usa a renouvelé son appel à la communauté camerounaise de la région du District de Columbia, du Maryland et de la Virginie (DMV) afin de maintenir le boycott d’Afrikabana Lounge, établissement accusé d’avoir mis ses locaux à disposition pour une levée de fonds en faveur d’Elimbi Lobé.
Dans un message adressé à ses membres et sympathisants, l’organisation estime que les prises de position publiques de l’homme politique sont hostiles à la communauté bamiléké et incompatibles avec les intérêts qu’elle défend.
Le Laakam Usa affirme avoir entrepris des démarches auprès du propriétaire de l’établissement afin de le convaincre de revenir sur sa décision d’accueillir cet événement, mais indique que ces discussions n’ont pas abouti.
L’organisation appelle par conséquent les membres de la communauté à poursuivre le boycott de l’établissement, estimant que les choix économiques doivent être cohérents avec les convictions collectives. Elle soutient que les consommateurs disposent du pouvoir de décider quelles entreprises ils souhaitent soutenir financièrement.
Le Laakam Usa présente cette démarche comme un acte de solidarité économique destiné à protéger les intérêts de la communauté bamiléké. Dans son argumentaire, il rappelle que celle-ci se considère victime de harcèlement, de discrimination et d’un traitement d’« allogène » dans son propre pays, appelant les siens à faire preuve d’unité et de responsabilité.
De son côté, Afrikabana Lounge affirme être une entreprise commerciale ouverte à l’ensemble de la communauté camerounaise du DMV, sans distinction ni exclusion, et revendique une politique d’accueil destinée à tous ses clients, indépendamment de leurs opinions ou appartenances.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de fortes tensions autour des activités politiques de certains acteurs de la diaspora camerounaise aux États-Unis. Ces derniers mois, plusieurs initiatives de boycott ou de contre-boycott ont émergé après l’organisation d’événements jugés controversés par différentes sensibilités de la communauté. Le dossier met une nouvelle fois en lumière les divisions persistantes au sein de la diaspora camerounaise, où les débats politiques nationaux se prolongent jusque dans les espaces économiques et associatifs établis à l’étranger.
