Par Sandra Embollo
C’est une décision qui a d’abord fait trembler ce royaume enclavé d’Afrique australe. « Je vois cette décision comme une insulte, envers moi et tous les habitants de l’Eswatini. Parce que ces personnes ont commis des crimes aux États-Unis, c’est au gouvernement américain d’en assumer la responsabilité », affirme Lucky Lukhele, porte-parole de Swazi Solidarity, une organisation représentant la diaspora d’Eswatini en Afrique du Sud.
Il poursuit : « Donald Trump voit l’Afrique comme un dépotoir. Il n’y a que nos ressources qui l’intéressent, pour le reste, il y envoie des criminels dangereux. Et vous savez, la frontière entre l’Eswatini et l’Afrique du Sud est très poreuse. Le jour où ces criminels sortent, ils iront en Afrique du Sud, et il sera difficile de les retrouver ».
L’Afrique du Sud tire la sonnette d’alarme
C’est justement pour cette raison que l’Afrique du Sud, poumon économique de la région, exprime ses inquiétudes. Un communiqué officiel a été publié à ce sujet. « Le gouvernement de la République d’Afrique du Sud est profondément inquiet du profil de ces individus et de l’impact négatif sur notre sécurité nationale, compte tenu de notre proximité géographique », déclare Crispin Phiri, porte-parole du département sud-africain des relations internationales.
Si certains spéculent sur une entente financière, les contours de cet accord restent flous. Selon le gouvernement d’Eswatini, ces transferts seraient possibles uniquement en vertu des bonnes relations avec Washington.
Ces dernières semaines, le président américain tente de faire pression sur les pays africains afin qu’ils acceptent d’accueillir des personnes expulsées des États-Unis. Le sujet a notamment été abordé lors de la visite à Washington de cinq chefs d’État du continent. Le Nigeria, également approché, a déjà affirmé ne pas vouloir céder à cette demande.
