Par Ross Hill
Washington DC, 25 février – Le Fbi a assigné à comparaître les relevés téléphoniques de Kash Patel, actuel directeur du FBI, et de Susie Wiles, aujourd’hui cheffe de cabinet de la Maison-Blanche, alors qu’ils étaient tous deux des citoyens privés en 2022 et 2023, durant les enquêtes fédérales visant Donald Trump, a rapporté Reuters mercredi.
Selon Patel, ces réquisitions sont intervenues sous l’administration de Joe Biden, principalement au moment où le procureur spécial Jack Smith enquêtait sur une possible ingérence de Trump dans l’élection présidentielle de 2020 ainsi que sur la rétention de documents classifiés dans sa résidence de Mar-a-Lago. Smith avait été nommé en novembre 2022 pour superviser ces investigations.
D’après Patel, les enquêteurs ont obtenu des « toll records », c’est-à-dire des relevés détaillant les dates, heures et destinataires des appels, sans accès au contenu des conversations. Il affirme que ces documents ont été classés sous la mention « Prohibited », ce qui aurait rendu leur identification plus difficile après sa prise de fonctions à la tête du Fbi en février 2025.
Dans une déclaration à Reuters, Patel a dénoncé « une décision scandaleuse et profondément alarmante » de l’ancienne direction du Fbi, accusant des responsables non élus d’avoir agi sur la base de « prétextes fragiles » et d’avoir dissimulé la procédure dans des dossiers restreints afin d’échapper au contrôle interne. Il présente cette affaire comme un exemple de dérive institutionnelle sous l’administration Biden, un argument régulièrement avancé par Donald Trump.
Reuters précise ne pas avoir pu vérifier de manière indépendante plusieurs éléments avancés par Patel, notamment l’ampleur exacte des données collectées, le calendrier précis des saisies ni les motivations ayant conduit à l’émission des assignations. L’agence n’a pas non plus pu établir si Patel ou Wiles faisaient eux-mêmes l’objet d’une enquête formelle à l’époque.
Selon trois responsables du FBI cités par Reuters, au moins dix employés actuels du Bureau auraient été relevés de leurs fonctions à la suite des révélations concernant le ciblage de Patel, Wiles et d’autres personnes liées au dossier des documents classifiés de Mar-a-Lago.
En 2022, Kash Patel avait publiquement affirmé que Donald Trump avait déclassifié les documents emportés à Mar-a-Lago, une thèse contestée par les procureurs et non reprise par les avocats de Trump devant les tribunaux. Patel avait été convoqué devant un grand jury après avoir obtenu une immunité limitée.
L’affaire des documents classifiés porte sur la conservation, par Donald Trump, de dossiers sensibles après son départ de la Maison-Blanche, ainsi que sur d’éventuelles tentatives d’entrave à l’enquête fédérale. Parallèlement, le procureur spécial Jack Smith a également examiné les actions de Trump liées à l’élection de 2020. Ces procédures ont profondément marqué le paysage politique américain à l’approche de la campagne présidentielle de 2024 et continuent d’alimenter les tensions entre partisans et opposants de l’ancien président.
