Par Serge Aimé BIKOI
C’est après avoir pris connaissance du communiqué rendu public, le 24 février, par le chef de division de la communication du ministère de la Défense (Mindef) ayant clôturé une enquête administrative ouverte sur le décès brusque et trouble d’Anicet EKANE, en date du 1er décembre 2025, que le conseil de la veuve a réagi. Pour Me Hippolyte Meli et Emmanuel Simh, l’enquête faisant état de la mort naturelle du président national du Manidem(Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie) “a été unilatérale et conduite dans des conditions inopposables à notre cliente”.
Ils rappellent, par devoir professionnel, “que le devoir de respect aux morts, à la mémoire, à la dignité et à l’intégrité, est un principe fondamental, opposable à tous et surtout opposable aux autorités en charge des affaires publiques.
Le droit international des droits de l’homme reconnaît le droit des familles à connaître la vérité sur les circonstances de la mort de leurs proches et à obtenir justice.
La Constitution camerounaise et les lois nationales protègent la dignité et l’intégrité des personnes, y compris après leur décès”.
Aussi Meli et Simh ajoutent-ils que les autorités camerounaises ont la responsabilité de protéger les droits des citoyens, le droit à la vie et à la dignité. En rappel, le rapport d’autopsie rendu public par le chef de division de la communication du Mindef fait état, à la communiqué, “d’une absence totale de lésion traumatique et de l’existence de graves pathologies ayant emporté un patient présentant de lourds antécédents médicaux, concluant formellement à une mort naturelle”.
Cette annonce officielle a, cependant, ravivé une controverse. Dans une déclaration largement relayée sur les réseaux sociaux et par les médias de masse, E. Simh a ironisé : “Ainsi donc, Anicet Ekane est mort de sa propre mort. Dans son lit. Entouré de sa femme et de ses enfants. En respirant à pleins poumons du meilleur oxygène. Une mort naturelle . Très naturelle. Basta, circulez! Il n’y a rien à voir”. L’homme en robe noire conclut à la thèse selon laquelle l’autopsie unilatérale précipitée, forcée profanatrice a parlé. Et H. Meli de renchérir: “Les mauvais traitements et les actes de torture ont provoqué la mort naturelle en détention”, rejette, catégoriquement, les conclusions du rapport médico-légal.
