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États-Unis > Midterms 2026: Comment Donald Trump tente d’empêcher la défaite annoncée

À quinze mois des élections de mi-mandat aux États-Unis, traditionnellement défavorables au parti du président en place, Donald Trump s'active pour conserver le contrôle des deux chambres du Congrès.

by world top news
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Par Arlette Akoumou Nga

Sa « grande et belle loi » sur le budget adoptée, voici Donald Trump engagé dans une nouvelle bataille : les élections de mi-mandat. Le 3 novembre 2026, les électeurs américains seront appelés à renouveler les 435 sièges de la Chambre des représentants et le tiers des 100 sièges du Sénat. Le président sait qu’il joue gros. Une défaite de son parti compliquerait la poursuite de son programme législatif. Surtout, elle l’exposerait à d’éventuelles enquêtes parlementaires, voire à une procédure de destitution.

« Le plus important pour Donald Trump est de conserver une majorité républicaine au Sénat, où les votes se jouent parfois à une voix près depuis le début de son mandat, insiste Antoine Yoshinaka, professeur de sciences politiques à l’Université de l’État de New York. Et c’est par le Sénat qu’il doit passer pour faire valider la nomination des membres de son administration, ou des juges qu’il place ici et là. »

Le rendez-vous s’annonce périlleux pour le parti républicain qui dispose seulement d’une courte majorité au sein des deux chambres du Congrès. Bien qu’ils soient à prendre avec prudence à quinze mois du scrutin, les derniers sondages donnent en moyenne un avantage de trois points au parti démocrate. L’histoire ne plaide pas non plus en faveur du « Grand Old Party » : depuis 1850 et l’instauration du bipartisme moderne aux États-Unis, le parti présidentiel, qu’il soit républicain ou démocrate, a presque toujours perdu des sièges lors des élections de mi-mandat. Le basculement de la Chambre des représentants dans le camp adverse est même systématique depuis trente ans. Donald Trump, qui l’a vécu à ses dépens en 2018, en garde un souvenir cuisant. 

Il est à fond

Pour éviter une nouvelle déconvenue, et fidèle à lui-même, le locataire de la Maison Blanche entend donner de sa personne. « Il veut aider. Il est à fond », a constaté le sénateur de Caroline du Sud Lindsey Graham, cité par Politico. Au point d’en faire une obsession. Le milliardaire a déjà annoncé son intention de mener la levée de fonds pour les candidats républicains à l’automne et de multiplier les meetings, persuadé d’être le seul à pouvoir mobiliser sa base. 

En attendant, Donald Trump pèse de tout son poids dans le processus d’investiture. Il distribue les bons points, incite tel ou tel qui voudrait décrocher à rempiler ou décourage au contraire certains qui souhaiteraient se lancer. Objectif : éviter autant que possible des primaires potentiellement saignantes et placer ses fidèles. La sénatrice de l’Iowa Joni Ernst, qui envisageait de prendre sa retraite après deux mandats, a ainsi été poussée à se représenter, tandis que dans le Michigan, le représentant Bill Huizenga a été invité à se retirer de la course au Sénat. La stratégie – si tant est que c’en soit une – est cependant scabreuse. « Lorsque Trump s’immisce dans la désignation des candidats, c’est généralement pour appuyer les plus loyaux. Or ce ne sont pas les meilleurs pour aller chercher les votes des électeurs plus modérés, remarque Antoine Yoshinoka. On l’a vu lors des dernières élections de mi-mandat en 2022, où les démocrates ont grappillé des sièges qui auraient dû revenir à des républicains. »

Changement de règles

Pour optimiser les chances de son parti, Donald Trump n’hésite en tout cas pas à changer les règles du jeu. À peine réinstallé dans le Bureau ovale, il promulguait un décret modifiant la loi électorale. Le texte, présenté comme une mesure visant à « préserver et protéger l’intégrité des élections américaines », prévoyait notamment de limiter le vote par correspondance et de renforcer l’identification des électeurs, dans le but inavoué de compliquer la tâche aux démocrates. 

« Les républicains sont persuadés que le vote par correspondance favorise la fraude. Ils pensent également qu’une libéralisation du processus électoral profite essentiellement aux populations historiquement démocrates, telles que les minorités ethniques », éclaire Antoine Yoshinaka. Le décret, dont l’entrée en vigueur a été bloquée par un juge fédéral, pourrait là encore se révéler contre-productif s’il venait à être appliqué. Car en ajoutant des obstacles au vote, il pénaliserait surtout l’électorat le moins scolarisé, celui qui renâcle à se déplacer aux urnes et qui penche désormais davantage du côté républicain que démocrate. Comme si cela ne suffisait pas, la Maison Blanche a récemment appelé les dirigeants républicains du Texas pour les convaincre de procéder à un redécoupage électoral dans l’espoir de gagner quatre ou cinq sièges supplémentaires à la Chambre des représentants. La manœuvre, explique le New York Times, consisterait à redessiner les contours de quatre circonscriptions à forte majorité républicaine afin d’en déplacer une partie des électeurs vers des circonscriptions démocrates et ainsi les faire basculer.

Ces redécoupages, habituellement menés à l’issue des campagnes de recensement décennales pour adapter la carte électorale aux dernières données démographiques, provoquent immanquablement la controverse lorsqu’ils sont conduits de manière anticipée. L’affaire n’a d’ailleurs pas manqué de provoquer un tollé au sein du camp démocrate. Les gouverneurs de Californie Gavin Newsom et de l’Illinois JB Pritzker ont menacé leur homologue texan de lui rendre la pareille s’il passait à l’acte. 

Un président impopulaire

De telles manœuvres suffiront-elles à inverser la donne ? Rien n’est moins sûr. « Les élections de mi-mandat se jouent généralement sur deux fronts : l’économie et, de manière liée, la popularité du président », rappelle Antoine Yoshinaka. Sur ce point, force est de constater que l’actuel locataire de la Maison Blanche est mal parti. Il est l’un des présidents américains les moins populaires du XXIe siècle à ce stade de leur mandat. À vrai dire, un seul a fait pire : Donald Trump lui-même lors de sa première présidence.

À cette impopularité s’ajoute le risque d’une démobilisation de sa base électorale, traditionnellement peu encline à voter aux « midterms » et refroidie par sa gestion de l’affaire Epstein. « Son regain de popularité va dépendre de la reprise économique, qu’il entend favoriser en baissant les taux d’intérêts, afin d’encourager les emprunts et donc les dépenses, note encore Antoine Yoshinaka. Le problème, c’est que ça pourrait faire grimper l’inflation. » Ce qui avait précisément fait couler son prédécesseur.

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