Par Ilyass Chirac Poumie
La réforme introduit une hausse substantielle des frais pour la plupart des demandes d’immigration. Dès le 1ᵉʳ janvier 2026, les demandeurs de visas non-immigrants ou de statuts temporaires doivent s’acquitter de frais supplémentaires, notamment un nouveau Visa Integrity Fee de 250 $, ainsi que des coûts accrus pour les autorisations de travail et les documents de voyage.
Une taxe de 10 $ est aussi imposée sur les demandes de dispense de frais, qui étaient auparavant gratuites. Ces ajustements visent à accroître les recettes fédérales dédiées au traitement et à l’administration des procédures migratoires.
Sur le plan sécuritaire, la loi dite Laken Riley Act impose désormais la détention obligatoire des non-citoyens accusés ou reconnus coupables de certains crimes graves, sans possibilité de libération conditionnelle en attendant leur procédure d’expulsion. Cette disposition élargit les motifs de détention et facilite le transfert des personnes vers des centres de rétention.
Parallèlement, les autorités renforcent les contrôles à l’entrée et à la sortie des États-Unis. Les voyageurs étrangers sont désormais soumis à la collecte de données biométriques — notamment la reconnaissance faciale — tant à l’arrivée qu’au départ. De plus, les demandeurs utilisant le programme ESTA doivent transmettre un historique de leurs activités sur les réseaux sociaux des cinq dernières années, dans le cadre d’un filtrage plus strict.
La réforme élargit aussi les motifs de refus et de suspension de visas. Plusieurs catégories de visas d’immigrants sont actuellement limitées ou suspendues pour des ressortissants de près de 75 pays, tandis que les critères d’admissibilité incluent désormais une plus grande considération sur la probabilité d’utilisation de l’aide publique (public charge), rendant plus difficile l’obtention de visas pour certains candidats.
Sur le plan administratif, le financement accru permet une expansion importante des capacités de rétention gérées par l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), avec l’objectif de disposer de plus de 90 000 lits dans des installations à travers le pays.
Enfin, la réforme restreint l’accès aux programmes sociaux fédéraux pour certaines catégories d’immigrants, notamment Medicaid, l’aide nutritionnelle et d’autres prestations, limitant l’accès à ces aides à des titres de séjour spécifiques ou renouvelés.
Ce cadre législatif s’inscrit dans une tendance générale de durcissement des politiques migratoires aux États-Unis. Il modifie en profondeur les procédures d’entrée, les coûts et les conditions de séjour des étrangers, et entre en vigueur au fil de l’année 2026, avec des implications majeures pour les demandeurs de visas, les travailleurs étrangers, les familles et les personnes en quête de protection.
