Par Léopold DASSI NDJIDJOU
Il y a des allogènes et des autochtones presque sur toute l’étendue du territoire national. Quand un Camerounais quitte son terroir d’origine pour s’installer dans une autre localité, il devient un allogène, c’est-à-dire que ses droits politiques sont minorés de par la Constitution du Cameroun.
Le principe d’égalité des citoyens est par ricochet fortement entaché. C’est à se demander si le concept d’égalité des droits et des devoirs des citoyens devant la loi est à géométrie variable. Au nom de la loi, un citoyen ne peut pas être Maire de la ville que dans sa région d’origine. Au nom des usages, un citoyen ne peut présider un Conseil régional que s’il en est originaire. Sacré égalité des citoyens sur le territoire national. Pourtant, on comprend que cette exclusivité est faite pour une inclusivité citoyennes?
Ce qui est davantage curieux, c’est cette volonté de plus en plus ardue et hardie de certains autochtones de voir tous les postes électifs dans les différentes localités être occupés exclusivement par les autochtones. C’est-à-dire en clair, un appel à tous les allogènes de s’abstenir de présenter leurs candidatures à ces postes. Un autre pied de nez au sacro- principe de l’égalité des citoyens. Le problème se coxe avec la stigmatisation des communautés allogènes qui s’ensuit. Une telle posture est-elle juste? Équitable? Faire des allogènes du bétail électoral exclusivement ? Le législateur prescrit la représentativité des composantes sociologiques dans la constitution des listes des candidatures.N’est-ce pas suffisant ? Doit-on aller encore plus loin?
Est -ce que le danger de cet appel qui se fait pressant, menaçant, n’est pas visible ? La Constitution protège les minorités. Quoi de plus normal? Est-ce qu’un allogène protège moins les droits des populations dans une localité que ne le ferait un autochtone? Et si les populations autochtones votent l’halogène préférablement au candidat autochtone, le problème n’est-il pas tranché du moment où le mandat de l’élu lui est conféré par le vote du peuple?
Il y a problème. La distinction constitutionnelle des citoyens: une racine à tant de maux de nos jours. Ce problème politique devrait être réglé au niveau de la loi. Comment? Là est toute la question.
