Par Ross Hill
Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a annoncé lundi l’ouverture de démarches administratives contre le sénateur Mark Kelly (D-Arizona), accusé d’avoir tenu des propos « séditieux » et d’avoir nui à la discipline militaire en participant à une vidéo publiée en novembre 2025 appelant les militaires à refuser des ordres considérés comme illégaux.
Hegseth a indiqué qu’il avait émis une lettre de censure formelle qui sera versée au dossier militaire permanent de Kelly et déclenché une procédure dite de « détermination de grade de retraite » qui pourrait rétrograder le grade auquel Kelly a pris sa retraite dans la Marine, entraînant une baisse correspondante de sa pension.
Le sénateur, qui est également astronaute retraité et a servi plus de vingt-cinq ans dans l’US Navy, a riposté en qualifiant la mesure de « scandaleuse » et « inconstitutionnelle », affirmant qu’il avait agi dans le cadre de sa liberté d’expression et qu’il se défendrait vigoureusement contre ces actions.
La vidéo controversée mettait en scène six élus démocrates, tous anciens militaires ou responsables de la sécurité, disant aux membres des forces armées qu’ils ont non seulement le droit mais parfois le devoir de refuser des ordres illégaux, une norme reconnue dans le droit militaire mais contestée politiquement dans le contexte actuel.
La démarche de Hegseth intervient dans un climat de tensions politiques élevées entre le ministère de la Défense et certains législateurs démocrates, exacerbée par des critiques du rôle des forces armées dans des opérations récentes à l’étranger. Le recours à une procédure de réduction de grade à la retraite pour un sénateur en exercice est rare dans l’histoire américaine et soulève des questions juridiques sur la liberté d’expression, l’autorité du secrétaire à la Défense et l’application du Code de justice militaire aux officiers retraités. Des experts légaux ont déjà remis en cause la solidité de l’argument selon lequel les déclarations de Kelly seraient « séditieuses » et punissables, et certains parlementaires des deux partis ont exprimé des réserves sur cette approche.
