Par Ross Hill
Un résident du Maryland d’origine camerounaise a été arrêté par les services américains de l’immigration lors d’un contrôle de routine, suscitant l’inquiétude de sa famille et de plusieurs organisations qui redoutent son expulsion vers le Cameroun, où l’homosexualité est pénalement réprimée.
Selon des informations rapportées par la chaîne locale WUSA9, l’homme, identifié comme Ludovic Marcel Mbock, a été interpellé la semaine dernière lors d’un rendez-vous administratif régulier avec l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Ces rendez-vous font partie des obligations imposées à certains migrants en attente de résolution de leur situation migratoire.
D’après ses proches, l’homme vit aux États-Unis depuis de nombreuses années et s’est toujours conformé aux exigences des autorités migratoires. Il n’aurait par ailleurs aucun casier judiciaire. Son arrestation lors de ce pointage a donc surpris ses soutiens, qui dénoncent une mesure brutale à l’encontre d’une personne ayant respecté les règles imposées par l’administration.
La situation est d’autant plus préoccupante pour sa famille que Ludovic Marcel Mbock serait homosexuel. Ses proches craignent qu’une expulsion vers le Cameroun l’expose à des persécutions, voire à une incarcération, les relations entre personnes de même sexe y étant passibles de peines de prison.
Des amis et militants se mobilisent désormais pour empêcher son renvoi, affirmant qu’un retour dans son pays d’origine pourrait « lui coûter la vie ». Ils demandent aux autorités américaines de suspendre toute procédure d’expulsion et d’examiner sa situation au regard des risques encourus.
Cette affaire intervient dans un contexte de débat intense aux États-Unis autour des pratiques de l’ICE et de l’arrestation de migrants lors de rendez-vous administratifs censés être routiniers. Les organisations de défense des droits des migrants affirment que ces interpellations sapent la confiance dans le système et dissuadent certaines personnes de se présenter aux contrôles obligatoires.
Au Cameroun, l’article 347-1 du code pénal punit les relations sexuelles entre personnes de même sexe de peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison et d’amendes. Plusieurs affaires ont illustré la sévérité de cette législation, comme celle du Camerounais Jean-Claude Roger Mbede, condamné à trois ans de prison pour homosexualité en 2011, avant de devenir un symbole international de la répression contre les personnes Lgbt dans le pays.
