Par Ross Hill
L’État américain de Géorgie est au cœur d’un nouveau scandale environnemental lié aux PFAS, ces substances chimiques surnommées « polluants éternels » en raison de leur extrême persistance dans l’environnement et dans le corps humain.
Selon une enquête conjointe de l’Associated Press, du journal The Atlanta Journal-Constitution et de l’émission FRONTLINE diffusée par PBS, les autorités locales avaient été alertées dès le début des années 2000 sur la propagation de ces produits toxiques dans les cours d’eau du nord-ouest de la Géorgie.
Les investigations montrent que plusieurs usines textiles spécialisées dans la fabrication de tapis utilisaient massivement les PFAS pour rendre leurs produits résistants aux taches. Une partie de ces substances était rejetée dans les eaux usées industrielles avant d’être déversée dans les réseaux d’égouts puis dans la rivière Conasauga, importante source d’eau potable pour plusieurs communautés de Géorgie et d’Alabama.
Les PFAS restent aujourd’hui présents dans les sols, les nappes phréatiques et l’organisme de nombreux habitants. Certains résidents présentent des concentrations sanguines supérieures à la moyenne nationale américaine et au-delà des seuils jugés sûrs par plusieurs recommandations sanitaires.
Malgré les alertes répétées de scientifiques et d’agences fédérales, les autorités géorgiennes sont accusées d’avoir tardé à imposer des contrôles stricts à l’industrie textile locale, économiquement dominante dans cette région. L’enquête révèle également que la pollution s’est propagée au-delà des frontières de la Géorgie, affectant notamment certaines zones de l’Alabama voisin.
Les PFAS sont associés à plusieurs risques sanitaires, notamment certains cancers, des troubles hormonaux, des maladies du foie et des problèmes immunitaires selon l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA).
Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, regroupent plusieurs milliers de composés chimiques utilisés depuis des décennies dans les textiles, les mousses anti-incendie, les emballages alimentaires et divers produits industriels. Leur surnom de « polluants éternels » vient du fait qu’ils se dégradent extrêmement lentement dans la nature et peuvent s’accumuler durablement dans les organismes vivants.
