Par Ilyass Chirac Chirac
Plutôt que d’organiser des meetings traditionnels, le vieux renard de l’Assemblée Nationale a opté pour une approche de proximité directe en faisant distribuer, par ses relais, deux plats de mil par famille, pour un total de 3.000 sacs dans plusieurs localités de la région. Un geste symbolique ou une tactique clientéliste ?
Les partisans de cette initiative y voient un geste profondément ancré dans la culture locale, un symbole de partage et de solidarité qui parle directement aux populations.
“C’est une manière tangible de montrer que le pouvoir pense aux préoccupations quotidiennes des citoyens”,
affirme un cadre local du Rdpc.
Cependant, cette stratégie est accueillie avec scepticisme, voire moquerie, par une frange des observateurs. Pour certains analystes, la démarche est jugée “ridicule” et totalement déconnectée des enjeux socio-économiques modernes.
“Distribuer deux plats de mil en 2024 pour gagner des voix relève d’un clientélisme primaire et insultant pour l’électeur,”
estime un économiste proche du pouvoir basé à Yaoundé, sous couvert d’anonymat.
“Cela sous-entend que le vote des populations peut s’acheter à un prix dérisoire, sans aucun débat sur les programmes, la gouvernance ou les véritables projets de développement pour la région qui en a pourtant grand besoin.”
D’autres critiques soulignent le contraste entre la simplicité de l’offre et l’ampleur des défis sécuritaires et économiques auxquels est confrontée la région.
Malgré les critiques, l’influence de Cavaye Yeguie Djibril dans le bassin électoral du Grand Nord n’est pas remise en question.
La question que se posent désormais les commentateurs est de savoir si ce type d’action, perçu par certains comme anachronique, trouvera encore une résonance auprès d’une population, notamment jeune, qui pourrait aspirer à une autre forme d’engagement politique. La réponse ne pourra être apportée que lors du scrutin, qui mesurera l’efficacité réelle de cette campagne hors des sentiers battus.
