Par Ilyass Chirac Poumie
Muna Ekane, fils de Georges Anicet Théodore Ekane, s’est exprimé sur Panorama Papers pour donner en détail les raisons qui l’ont poussé à rompre le silence après la mort brutale de son père. Il affirme que cette prise de parole intervient face aux tentatives de récupération politique et au brouillage volontaire des idéaux que défendait le leader disparu.
Selon Muna Ékane, son père — détenu depuis plusieurs mois — souffrait d’une pathologie pulmonaire chronique stabilisée, sans gravité vitale. Il dénonce toutefois les conditions de détention « inhumaines » dans lesquelles il a été maintenu, ainsi que la décision des autorités militaires de l’obliger à voyager sans arrêt, et cagoulé malgré un état physique très affaibli. Il estime que ces éléments relèvent soit d’une négligence coupable, soit d’une volonté manifeste d’attenter à sa vie. Les rumeurs sur des pathologies multiples sont, selon lui, totalement infondées, et il affirme détenir les documents médicaux attestant de la réalité clinique.
Muna évoque également un épisode de chantage politique : des proches du pouvoir avaient proposé à son père un poste gouvernemental s’il renonçait à ses convictions et à ses combats. Refus catégorique de ce dernier.
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Il décrit ensuite l’empressement des autorités à pratiquer une autopsie 48 heures après le décès, sans l’accord de la famille. Pour lui, la procédure imposée par l’État soulève de lourds soupçons sur les véritables circonstances de la mort.
Le fils du défunt annonce qu’une équipe d’avocats mènera des enquêtes au Cameroun et à l’international, non seulement sur la mort de Georges Anicet Théodore Ekane, mais également sur d’autres victimes du même système. Muna Ekane insiste sur la nécessité de préserver l’ensemble des dispositifs médicaux liés aux derniers soins de son père afin de permettre d’éventuelles expertises.
Il a par ailleurs profité de l’entretien pour adresser un message au peuple camerounais et à la communauté internationale. Rappelant les paroles de son père sur la mobilisation populaire, il fustige un État « inexistant », incapable d’offrir l’eau, l’électricité ou un système de santé digne de ce nom, au peuple, malgré les richesses du pays.
Il condamne également les responsables gouvernementaux qui divulguent publiquement des informations médicales privées ou se moquent des souffrances des citoyens et de son père.
L’interview accordée à Panorama Papers sera diffusée cet après-midi dans un format d’environ trente minutes sur notre chaîne YouTube et toutes nos plates formes multimédia. Georges Anicet Théodore Ekane est décédé le 1 décembre 2025 dans les locaux du Secrétariat d’État à la Défense, dans des conditions encore non élucidées. Sa famille, ses camarades politiques et plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent une mort en détention imputable au régime, sur fond de répression politique. Les réactions se multiplient depuis plusieurs jours, alors que les autorités camerounaises maintiennent leur version officielle sans répondre aux griefs sur la détention, le traitement médical et l’autopsie non consentie.
