Par Julie Peh
La rencontre réunit États, organisations internationales, société civile et secteur privé autour de la conservation et de l’utilisation durable des océans, conformément à l’objectif 14 des Objectifs de Développement Durable. Au cœur des échanges, la lutte contre la pollution marine, la préservation des écosystèmes marins (mangroves, massifs coralliens) et le développement de l’économie bleue sont les priorités. Dans son intervention officielle, le ministre HELE Pierre a rappelé :
« Par ces objectifs de protection de la biodiversité marine, nous réconcilions la protection de l’océan, la lutte contre le dérèglement climatique et l’économie bleue. »
Il a également annoncé que le Cameroun s’engage à respecter son cahier de charges pour faciliter l’entrée en vigueur de l’instrument juridique international sur la pollution plastique, y compris dans les zones marines encore méconnues.
Dans la continuité de la Conférence de Lisbonne, l’Unoc-3 met en avant la nécessité d’accélérer la réalisation de l’Objectif de développement durable n°14 (Odd 14), consacré à la conservation et à l’utilisation durable des océans, mers et ressources marines.
« Par ces objectifs de protection de la biodiversité marine, nous réconcilions la préservation de l’océan, la lutte contre le dérèglement climatique et la promotion de l’économie bleue », a-t-il déclaré.
Cependant, des voix critiques s’élèvent pour souligner les défis persistants :
« Les déclarations sont nombreuses, mais la réalité sur le terrain reste insuffisante. Trop souvent, les aires marines protégées existent sur le papier et non dans les faits », dénonce Awa Diop, coordinatrice de l’Ong Océan et Climat.
« Il ne suffit pas de signer des conventions internationales, il faut des budgets clairs et des mécanismes de suivi. Sans cela, la conférence reste symbolique », avertit Jean-Marc Kouam, expert en gouvernance maritime en Afrique.
« Trop souvent, les décisions sont prises loin des villages côtiers. La population locale, qui vit de la pêche, doit être partie prenante sinon ces mesures restent inefficaces », affirme Fatoumata Diallo, militante de l’Ong Voices of the Coast.
« Les océans africains subissent déjà les conséquences du changement climatique et de la pollution industrielle. Une conférence sans mesures concrètes sur le continent serait une perte de temps », rappelle le Professeur Ndjodo Samuel, spécialiste en sciences marines.
« Les pays développés parlent de durabilité, mais continuent d’exporter leurs déchets plastiques vers l’Afrique. Il est temps que les actes suivent les discours », ajoute une porte-parole de Greenpeace Afrique.
Unoc-3 se veut ainsi un rendez-vous crucial pour que l’Afrique, mais aussi le monde entier, prennent des décisions concrètes pour protéger les océans et garantir un avenir durable. Le Cameroun y défend fermement l’idée que la conservation des ressources marines doit se faire de manière inclusive et active, associant à la fois gouvernements, sociétés civiles et populations locales.
Par Julie Peh
