Par Fatoumata Oumou Diallo
Des militaires ont annoncé mercredi qu’ils prenaient le « contrôle total » de la Guinée-Bissau, suspendaient le processus électoral en cours et fermaient les frontières terrestres et aériennes du pays. L’annonce, relayée par plusieurs médias, survient quelques jours après la présidentielle du 23 novembre 2025, contestée par l’opposition et marquée par des tensions accrues entre les principaux candidats.
Les militaires ont indiqué vouloir assurer la sécurité et la stabilité dans le pays, sans toutefois préciser la durée de cette suspension ni les modalités de transfert du pouvoir. Cette déclaration fait craindre une paralysie des institutions et un risque de violences dans la capitale Bissau et les régions périphériques.
L’opposition, déjà en désaccord sur la régularité du scrutin, a dénoncé un « coup d’État militaire » et appelé la communauté internationale à intervenir pour protéger le processus démocratique et prévenir toute escalade.
Des tirs ont été signalés près du palais présidentiel et des patrouilles militaires ont été déployées dans plusieurs quartiers de Bissau, selon des témoins. Le président Umaro Sissoco Embaló, dont la situation reste incertaine, n’a pas été vu en public depuis l’annonce du putsch.
La Guinée-Bissau est marquée par une instabilité chronique depuis son indépendance en 1974, avec une succession de coups d’État et de crises politiques. Le pays connaît une forte polarisation politique et des interventions répétées de l’armée dans la gestion du pouvoir. La présidentielle de novembre 2025 devait renforcer les institutions démocratiques, mais l’annonce des militaires relance les inquiétudes sur la trajectoire politique et la sécurité dans ce petit État ouest-africain.
