Par Ilyass Chirac Poumie
La République de Guinée équatoriale a officiellement changé de capitale. Par un acte législatif et une déclaration institutionnelle signés ce vendredi, le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo a proclamé la Cité de la Paix, dans la province de Djibloho, région continentale, comme nouvelle capitale politique et administrative du pays.
La décision a été annoncée lors d’une cérémonie officielle tenue au siège de la Présidence du gouvernement dans la Cité de la Paix, en présence du vice-président de la République, Teodoro Obiang Nguema Mangue, de la Première dame, des responsables des institutions constitutionnelles, de plusieurs membres du gouvernement conduits par le Premier ministre, ainsi que des gouverneurs de provinces et des cadres du Parti démocratique de Guinée équatoriale.
Dans son discours, le chef de l’État a justifié ce transfert par des impératifs de sécurité, la volonté de rééquilibrer le développement territorial et la nécessité de moderniser l’appareil de l’État, longtemps concentré à Malabo, sur l’île de Bioko. Il a rappelé que cette décision s’inscrit dans la politique d’aménagement du territoire engagée depuis son accession au pouvoir le 3 août 1979.
De son côté, le vice-président Teodoro Obiang Nguema Mangue a annoncé qu’un délai d’un an a été accordé pour la mise en œuvre progressive du transfert des institutions de l’État vers la nouvelle capitale, précisant que le processus devra se faire de manière ordonnée, planifiée et conforme aux intérêts nationaux.
Jusqu’à cette décision, Malabo, située sur l’île de Bioko, occupait le statut de capitale politique et administrative de la Guinée équatoriale depuis l’indépendance. Cependant, la concentration des institutions sur l’île a longtemps posé des défis en matière de sécurité, de logistique et d’équilibre territorial, dans un pays composé d’une partie insulaire et d’une vaste région continentale.
La Cité de la Paix, également connue sous le nom de Djibloho, a été conçue depuis plusieurs années comme une ville moderne destinée à accueillir les principales institutions de l’État. Dotée d’infrastructures administratives, routières et résidentielles, elle symbolise la volonté des autorités de renforcer l’intégration nationale et de promouvoir le développement de l’arrière-pays continental.
Ce changement de capitale marque une étape majeure dans l’histoire politique et administrative de la Guinée équatoriale, après plus de quatre décennies de pouvoir du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, et ouvre une nouvelle phase dans l’organisation institutionnelle et territoriale du pays.
