Par Madani Charaf
Avant les frappes menées samedi par les États-Unis et Israël contre des cibles en Iran, la Central Intelligence Agency (CIA) estimait que l’élimination du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, ne provoquerait probablement pas l’effondrement du régime.
Selon deux sources informées des évaluations de renseignement, l’agence américaine considérait qu’en cas de mort de Khamenei, celui-ci serait vraisemblablement remplacé par des figures particulièrement dures issues du Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC), l’influente force militaire et idéologique du régime.
Ces analyses, réalisées au cours des deux semaines précédant l’opération militaire, examinaient différents scénarios politiques en Iran après une éventuelle intervention américaine. Elles visaient notamment à déterminer si une opération militaire extérieure pourrait déclencher un changement de régime au sein de la République islamique d’Iran.
Les conclusions de la CIA suggéraient toutefois que l’élimination du dirigeant iranien risquerait plutôt de renforcer les éléments les plus radicaux du système, plutôt que d’ouvrir la voie à une transformation politique majeure.
Au pouvoir depuis 1989, l’ayatollah Ali Khamenei est l’autorité politique et religieuse suprême de l’Iran. Les Gardiens de la Révolution islamique, créés après la révolution de 1979 menée par Ruhollah Khomeini, constituent l’un des piliers du régime. Cette force militaire dispose d’une influence considérable dans les domaines sécuritaire, politique et économique et est souvent considérée comme le courant le plus idéologiquement dur au sein du pouvoir iranien.
