Par Cynthia Konan Tawa, À Nairobi
Des militants panafricanistes, organisations de gauche et mouvements anti-impérialistes ont organisé un contre-sommet et plusieurs marches dans la capitale kényane pour protester contre ce qu’ils qualifient de « nouvelle Françafrique ».
Selon plusieurs médias et organisations participantes, les manifestants ont scandé des slogans hostiles au président français Emmanuel Macron et appelé à la fin de l’influence politique, économique et militaire occidentale en Afrique. Des banderoles portant les mentions « Down with Imperialism » et « Macron not welcome » ont été visibles dans plusieurs quartiers de Nairobi.

La situation s’est tendue lorsque les forces de sécurité kényanes sont intervenues pour disperser certains rassemblements. Des images relayées sur les réseaux sociaux montrent des policiers antiémeutes déployés dans les rues, tandis que des organisateurs affirment que plusieurs militants et délégués étrangers ont été interpellés. La Plateforme mondiale anti-impérialiste accuse les autorités kényanes d’avoir procédé à des « arrestations politiques » contre des participants au contre-sommet panafricain.
Le sommet « Africa Forward », organisé les 11 et 12 mai à Nairobi, réunit plus de trente chefs d’État africains, des dirigeants économiques et des partenaires internationaux autour des questions de sécurité, d’innovation et de coopération économique entre la France et l’Afrique.
L’événement marque la première tenue d’un sommet France-Afrique dans un pays africain non francophone, dans un contexte de recul de l’influence française au Sahel et de montée des mouvements souverainistes africains.
Les sommets France-Afrique, initiés en 1973, sont régulièrement contestés par des mouvements panafricanistes et anti-impérialistes qui dénoncent la persistance de réseaux d’influence français sur le continent africain. Ces critiques se sont renforcées ces dernières années après les ruptures diplomatiques entre Paris et plusieurs pays du Sahel, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
