Par Oumou Fatoumata Diallo
Dans une longue déclaration publiée le 11 mai à Bamako, Choguel Maïga affirme que « le Mali a retrouvé sa souveraineté » après le départ des forces françaises et dénonce ce qu’il qualifie de « campagnes de désinformation » visant les autorités maliennes de transition.
L’ancien chef du gouvernement soutient que la rupture avec la France résulte d’un choix souverain des autorités maliennes face à « l’ingérence » et à « l’échec sécuritaire » de la présence militaire française au Sahel. Il accuse également Emmanuel Macron d’avoir tenu des propos « méprisants » envers le peuple malien lors du sommet organisé à Nairobi.
« Le Mali n’est plus un État sous tutelle », écrit Choguel Maïga, estimant que les nouvelles autorités ont engagé une « refondation nationale » malgré les pressions extérieures et les sanctions internationales ayant visé Bamako ces dernières années.
Cette sortie intervient dans un contexte de fortes tensions diplomatiques persistantes entre Paris et Bamako depuis le retrait des forces françaises et européennes du territoire malien. Les autorités maliennes ont progressivement renforcé leur coopération militaire avec la Russie tout en multipliant les discours souverainistes.
Les relations entre la France et le Mali se sont profondément dégradées après les coups d’État militaires de 2020 et 2021. En 2022, les autorités maliennes ont exigé le départ des forces françaises de l’opération Barkhane, accusées d’atteinte à la souveraineté nationale. Depuis, Bamako adopte une ligne politique ouvertement souverainiste et critique envers l’influence occidentale au Sahel.
