Par Joël Onana
La Coupe d’Afrique des nations CAN n’est pas un événement sportif, mais un outil politique, soutient Martin Camus Mimb. Dans un texte largement relayé, l’analyste explique que, dès sa création, la CAN a été pensée comme un levier politique destiné à investir le champ des passions footballistiques afin de canaliser les dynamiques sociales et politiques sur le continent.
Martin Camus Mimb rappelle que la compétition a bénéficié, à ses débuts, de l’appui de figures politiques majeures comme Gamal Abdel Nasser ou Kwame Nkrumah. Selon lui, cet ancrage idéologique et stratégique est au cœur de la nature même du football africain, un thème qu’il développe dans son ouvrage à paraître intitulé Football africain : le but politique.
Face aux critiques récurrentes sur les moyens financiers mobilisés par les États pour leurs sélections nationales, Martin Camus Mimb estime que les indignations actuelles traduisent une méconnaissance de la réalité. À ses yeux, la CAN constitue avant tout un rendez-vous diplomatique et politique, permettant aux gouvernements d’afficher leur engagement supposé en faveur de la jeunesse.
L’analyste souligne que la rentabilité économique n’est pas la priorité des États africains, notamment en ce qui concerne les droits de retransmission. Martin Camus Mimb affirme que peu de pays disposent d’un marché publicitaire capable d’amortir de tels investissements, mais que la logique demeure essentiellement politique, visant à occuper et apaiser les populations, en particulier les jeunes.
Selon Martin Camus Mimb, le football agit comme un amortisseur social, capable de contenir les contestations latentes. Il estime que la Confédération africaine de football CAF et la FIFA ont pleinement conscience de cette réalité. Les joueurs, ajoute-t-il, deviennent alors des vecteurs d’ambitions politiques, tandis que le public reste le seul acteur à vibrer sincèrement au rythme des émotions sportives.nJournaliste, analyste sportif et écrivain, Martin Camus Mimb est une voix critique reconnue sur les enjeux politiques du sport en Afrique. À travers ses prises de position et ses travaux, il interroge régulièrement les relations entre football, pouvoir et société, en particulier au Cameroun et sur le continent africain.
