Avec notre envoyée spéciale, Cynthia Konan Tawa
Un échange vif s’est déroulé entre Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football (CAF), et un journaliste à la suite d’une question sur la récente décision de modifier la périodicité de la Coupe d’Afrique des Nations (Can).
Alors que Motsepe défendait la réforme consistant à passer la Can d’un tournoi biennal à un cycle de quatre ans à partir de 2028, le journaliste a lancé : « Vous dirigez l’Afrique pour les Européens ». Le dirigeant sud-africain a immédiatement rétorqué : « Tais-toi. Tu te trompes complètement. Tes propos sont incorrects. C’est absurde. Nous dirigeons l’Afrique pour l’Afrique », rejetant fermement l’idée d’une quelconque influence européenne ou de la FIFA dans cette décision.
La réforme du calendrier, annoncée durant la Can 2025 au Maroc, vise selon la Caf à assurer une meilleure synchronisation avec le calendrier international et à réduire les conflits entre les compétitions africaines et les clubs européens, où évoluent de nombreux joueurs africains. En parallèle, la Caf a annoncé la création d’une Ligue des nations africaine, une compétition annuelle destinée à maintenir un rythme compétitif pour les sélections nationales.
Cette annonce a suscité de fortes réactions et une vive controverse au sein de la communauté du football africain. Certains sélectionneurs et journalistes ont critiqué le changement, estimant qu’il pourrait ralentir le développement des équipes nationales et répondre davantage aux intérêts des clubs européens et des grandes instances internationales qu’à ceux du football africain.
Motsepe, pour sa part, a souligné que la décision avait été mûrement réfléchie et qu’elle répondait aux besoins de modernisation et de stabilité économique du football africain, tout en rejetant toute perception d’ingérence externe.
La Coupe d’Afrique des Nations, historiquement organisée tous les deux ans depuis sa création en 1957, demeure la compétition phare du football africain. La décision de la Caf de la passer à un cycle quadriennal, à compter de 2028, s’inscrit dans une stratégie plus large de réorganisation du calendrier continental, avec la création d’une nouvelle ligue annuelle. Cette réforme, pourtant défendue par la direction de la Caf comme une réponse aux contraintes du calendrier mondial et aux besoins financiers du football africain, a été vivement débattue, certains acteurs y voyant une remise en cause de traditions fortes et un risque pour le rayonnement de la compétition sur le continent.
