Par Joël Onana
Le débat sur une éventuelle dévaluation du Fcfa refait surface au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Dans une tribune relayée le 17 janvier 2026 par le média Actu Cameroun, Me Christian Ntimbane Bomo, avocat et président exécutif du Parti Héritage, exprime de vives inquiétudes à propos d’un sommet extraordinaire de la Cemac annoncé pour le 22 janvier 2026 à Brazzaville.
Selon lui, cette réunion d’extrême urgence aurait été convoquée sous l’influence du Fonds monétaire international afin de traiter la question critique des réserves de devises, particulièrement au Cameroun, dont la situation serait devenue alarmante. Me Ntimbane Bomo affirme que le pays ne disposerait plus que d’une capacité d’importation équivalente à environ un mois.
L’avocat dénonce la solution avancée par certains experts, qui consisterait à dévaluer le Fcfa de la zone Cemac afin de renchérir les importations et limiter ainsi la sortie de devises. Il estime qu’une telle mesure aurait des conséquences sociales lourdes, marquées par une hausse généralisée des prix, une inflation accrue et un affaiblissement de la capacité du pays à importer les matériaux nécessaires à son développement.
Me Christian Ntimbane Bomo appelle le peuple camerounais à refuser toute dévaluation du Fcfa, qu’il considère comme un facteur d’aggravation du sous-développement et de la misère. Il avance comme alternative une meilleure gestion des ressources naturelles, en particulier de l’or, affirmant que des quantités importantes seraient exportées et vendues illégalement à l’étranger, privant ainsi l’État de devises pouvant renforcer durablement ses réserves.
Dans sa tribune, il accuse également le Cameroun de fragiliser l’ensemble de la zone Cemac en consommant les devises communes, faute d’avoir conclu un nouvel accord avec le Fmi, et appelle à une mobilisation populaire contre ce qu’il qualifie de projet d’asphyxie économique.
La zone Cemac utilise le franc Cfa, une monnaie arrimée à l’euro et garantie par le Trésor français. Toute dévaluation nécessite une décision concertée des États membres. La dernière dévaluation du Fcfa, intervenue en 1994, avait entraîné une forte inflation et une baisse du pouvoir d’achat dans les pays concernés. Depuis plusieurs années, la question des réserves de change et des relations avec le Fmi revient régulièrement dans le débat public, sur fond de tensions économiques, de dépendance aux importations et de controverses sur la gestion des ressources naturelles.
