Par Julie Peh
À Kano, le jeûne ne relève pas uniquement de la pratique religieuse, il s’inscrit aussi dans un cadre légal. Depuis plus de vingt ans, la charia y cohabite avec le système juridique fédéral nigérian. Chaque année pendant le Ramadan, les agents de l’Hisbah patrouillent dans les marchés, restaurants et lieux publics afin de s’assurer du respect des prescriptions religieuses. Les neuf personnes arrêtées ont affirmé ne pas avoir été informées du début du mois sacré.
Le Ramadan impose en effet des règles strictes. L’intention sincère est au cœur de l’acte spirituel, qui ne se limite pas à l’abstinence alimentaire. Les fidèles sont également appelés à s’abstenir de relations intimes pendant les heures de jeûne et à adopter une conduite empreinte de retenue et de piété. Certaines catégories, enfants avant la puberté, malades, voyageurs ou femmes dans des situations spécifiques sont exemptées de cette obligation, avec la possibilité de rattraper les jours manqués ultérieurement.
Le commandant général adjoint de l’Hisbah, Mujahid Aminudeen, a défendu ces arrestations en expliquant que les personnes concernées « apprendront l’importance du jeûne, la prière et la lecture du Coran afin de devenir de meilleurs musulmans ». Une position qui ne fait toutefois pas l’unanimité au sein de la communauté musulmane nigériane, où certains s’interrogent sur la dimension coercitive de ces mesures.
Les autorités n’ont pas encore précisé les suites judiciaires envisagées. Les patrouilles de l’Hisbah devraient se poursuivre tout au long du mois.
En 2026, le Ramadan a débuté le 18 février dans plusieurs pays musulmans, dont le Sénégal, à la suite de l’observation lunaire. Il devrait s’achever autour du 19 mars, marquant l’approche de l’Aïd al-Fitr célébrée le lendemain.
