Par Joseph OLINGA N.
Le soutien du pouvoir d’Abuja à l’opposant camerounais, Issa Tchiroma Bakary fait des gorges chaudes dans les milieux du pouvoir à Yaoundé. Activement recherché par les services de renseignements camerounais, le principal adversaire de Paul Biya lors de l’élection présidentielle du 12 octobre dernier a glissé entre les mailles du filet avec l’apport technique et logistique de la Nigeria intelligence agency (Nia). Les services secrets nigérians ont par ailleurs fourni à l’opposant camerounais une sécurité renforcée alors que le gouvernement camerounais multipliait d’ingénierie pour son extradition vers Yaoundé.
Yaoundé supporte aussi mal le rôle joué par le gouvernement nigérian dans le transfert du candidat du Front pour le salut national du Cameroun (Fsnc) vers Banjul, capitale de la Gambie où l’opposant camerounais jouit d’un statut “princier” auprès du chef de l’État Adama Barrow.
Des sources dans le sérail ne dissimulent pas l’ire du pouvoir de Yaoundé qui a défaut de n’avoir pas obtenu le retour cagoulé de l’opposant sont au fait des rencontres que Issa Tchiroma Bakary multiplie avec les représentants des chancelleries occidentales et africaines qui ne ménagent pas leur adversion vis-à-vis du pouvoir de Yaoundé.
La proximité de l’opposant camerounais, Issa Tchiroma Bakary avec Adama Barrow, chef de l’État gambien qui a connu une trajectoire similaire n’est pas pour rassurer Yaoundé qui nourrit des soupçons de conspiration pour la déstabilisation du pouvoir incarné par Paul Biya. Ajouté cette ambiance de défiance à peine larvée entre Abuja, Banjul et Yaoundé, les rapprochements observés entre l’opposant camerounais et d’autres leaders politiques et groupes d’influences communautaires de l’Afrique de l’Ouest en rajoute au froid qui enveloppe les relations entre le Nigéria et le Cameroun.
