Par Arlette Akoumou Nga
Elle est un soutien inébranlable de Donald Trump et, à ce titre, s’est fait connaître par ses positions extrêmes et ses outrances. Figure conservatrice du camp Maga (pour « Make America Great Again »), Marjorie Taylor Greene est, à la surprise générale, devenue la première républicaine du Congrès à dénoncer « le génocide, la crise humanitaire et la famine en cours » dans la bande de Gaza ce 28 juillet.
Ce faisant, l’élue républicaine de Géorgie est en rupture avec son parti. En effet, le reste du clan Maga adresse, la plupart du temps, son « soutien sans réserve à Israël », et attaque régulièrement les voix critiques de l’État hébreu – ce que Marjorie Taylor Greene a elle-même fait par le passé. Va-t-elle être à l’origine d’une fronde au sein du parti conservateur, bien que le New York Times note tout de même que la républicaine, première partisane de QAnon à être élue au Congrès, a déjà relayé des théories du complot antisémites. En 2018 par exemple, elle suggérait dans une publication Facebook qu’un incendie de forêt californienne avait été déclenché par un laser envoyé de l’espace et contrôlé par une famille de banquiers juifs. De son côté, le média spécialisé Politico note un revirement chez d’autres membres du clan Maga, pour qui la guerre menée dans l’enclave palestinienne est perçue comme nocive pour Donald Trump, et entache la réputation morale de leur pays. Leurs prises de position sont peut-être motivées par le bombardement de l’Iran décidé par l’administration Trump, qui rompait avec la politique affichée de désengagement sur la scène géopolitique internationale du président états-unien, elle aussi matérialisée par son slogan « America First ».
D’autres républicains ont intensifié leurs critiques à l’égard d’Israël : le conservateur controversé Matt Gaetz et l’ex-conseiller de la Maison-Blanche Steve Bannon condamnent ainsi désormais les actions d’Israël, assurant que ce conflit constitue un véritable handicap pour l’administration Trump.
D’aucuns notent aussi que les jeunes républicains sont moins enclins à soutenir Israël que leurs aînés. Un sondage Gallup notait ainsi en début de semaine que six Américains sur dix désapprouvent désormais les actions militaires israéliennes dans la bande de Gaza, note encore Politico.
Brouillant encore un peu plus les pistes, Donald Trump a menacé le Canada de faire capoter l’accord commercial en cours de négociations entre Washington et Ottawa si le pays venait à reconnaître l’État palestinien. « Le Canada vient d’annoncer qu’il soutenait la création d’un État palestinien. Il nous sera très difficile de conclure un accord commercial avec eux », a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social, à un jour de la date fatidique à laquelle ledit accord doit être trouvé…
