Par Olivia Lemot
Le sociologue de 37 ans, devenu en 2023 le plus jeune professeur noir de l’histoire de l’établissement, a annoncé sa démission mercredi « avec effet immédiat », dans une lettre ouverte publiée sur le site du Good Law Project. Sa décision intervient quelques jours après l’annonce par l’université d’une enquête portant sur de « nouvelles informations » concernant ses qualifications académiques et ses nominations honorifiques.
Les accusations trouvent leur origine dans les travaux de Nathan Cofnas, ancien chercheur affilié à Cambridge dont la collaboration avait pris fin en 2024 dans un contexte de propos jugés racistes. Cofnas affirme avoir fait passer la thèse de doctorat d’Arday, ainsi que plusieurs de ses publications ultérieures, dans un logiciel de détection de plagiat, et dit y avoir constaté des passages copiés mot pour mot sans attribution. Des éléments du parcours personnel d’Arday — qui a expliqué avoir été non-verbal jusqu’à 11 ans et pratiquement illettré jusqu’à 18 ans avant d’obtenir un doctorat en 2015, ainsi que des exploits sportifs et caritatifs qu’il revendiquait — ont également été mis en doute. Liverpool John Moores University, où il avait soutenu sa thèse, avait pourtant conclu par le passé à l’absence de faute académique après une précédente vérification.
Dans sa déclaration de démission, Arday a évoqué une « profonde tristesse », dénonçant des mois de « spéculations et de commentaires publics incessants » qui ont pesé sur lui et ses proches. Il a précisé que sa décision ne devait pas être interprétée comme une reconnaissance des accusations portées contre lui, ni comme une perte de foi dans le monde académique, affirmant avoir besoin de temps pour se reconstruire.
L’université, de son côté, a indiqué que les plaintes pour manquement à l’intégrité de la recherche continueraient d’être traitées séparément, dans le cadre de sa politique en la matière.
La démission n’a pas éteint la controverse : plusieurs universitaires réclament désormais une enquête indépendante sur l’ensemble du dossier, estimant que la Faculté d’éducation ne peut instruire elle-même une affaire qui engage sa propre crédibilité. Un ancien député a qualifié l’épisode de coup porté directement à la réputation de l’institution, tandis que d’autres voix dénoncent au contraire un acharnement à l’encontre d’Arday.
Affaire à suivre.
