Par Sandra Embollo
Le nouveau président de gauche Anura Kumara Dissanayake l’avait promis : il allait combattre sans merci la corruption qui mine le pays depuis des décennies. Cette vaste campagne a donc fait une nouvelle victime. Neveu d’un ancien chef d’État et six fois nommé Premier ministre dans le passé, l’ex-président Ranil Wickremesinghe est l’homme politique le plus connu à tomber en disgrâce.
Au retour d’un sommet à La Havane en 2023, il s’était arrêté à Londres pour assister à la remise d’un diplôme à son épouse à l’université de Wolverhampton. Un voyage privé payé avec de l’argent public, selon la police judiciaire, et ses gardes du corps auraient également été payés par l’État.
Plus tôt ce mois-ci, trois de ses anciens assistants haut placés avaient été interrogés par le service des enquêtes criminelles. De son côté, l’ex-dirigeant avait assuré que les frais liés au voyage de son épouse avaient été pris en charge par sa conjointe et qu’aucun fonds public n’avait été utilisé. Après la fuite et la démission de Gotabaya Rajapaksa, poussé à l’exil par des manifestations monstres, Ranil Wickreemesinghe avait été élu président par intérim en juillet 2022. Il avait réussi à stabiliser l’économie qui connaît sa pire crise financière. Honni par la rue, toutefois, il perd la présidentielle en septembre 2024.
Des anciens ministres condamnés
Depuis l’entrée en fonction de ce nouveau gouvernement de gauche, d’importants membres de l’opposition ont été condamnés pour des affaires de corruption. Parmi ceux-ci figurent deux anciens ministres du gouvernement de l’ex-président déchu Gotabaya Rajapaksa, condamnés à 20 et 25 ans de prison. Des membres de la famille de l’ancien président Mahinda Rajapaksa ont également été inculpés pour détournement de fonds publics. Beaucoup sont toujours en liberté sous caution en attendant leur comparution devant un tribunal. Ce mois-ci, le Parlement a limogé le chef de la police, reconnu coupable de faute professionnelle pour avoir dirigé un « réseau criminel » qui soutenait des responsables politiques.
