Par Julie Peh
Alors qu’il avait brièvement retrouvé l’espoir de se présenter à l’élection présidentielle, Luhaga Mpina a de nouveau été disqualifié, malgré une décision favorable de la Haute Cour de justice qui avait annulé un premier rejet de sa candidature. Le motif invoqué par la Commission électorale : une prétendue irrégularité dans le processus de nomination au sein de son parti, Act-Wazalendo. Une décision perçue par plusieurs observateurs comme politiquement motivée.
Mpina était considéré comme le principal adversaire potentiel de la présidente sortante Samia Suluhu Hassan, à l’approche du scrutin d’octobre.
Cette manœuvre s’inscrit dans un contexte politique tendu. Tundu Lissu, figure emblématique de l’opposition et candidat du Chadema, est en détention depuis avril, accusé de trahison après avoir réclamé des réformes électorales. Cela fait plus de cinq mois qu’il est privé de liberté, empêché de mener campagne.
Résultat, la présidente sortante se retrouve sans réelle opposition. Ses principaux challengers sont soit emprisonnés, soit disqualifiés, laissant la voie libre à un second mandat. Face à elle, seuls quelques candidats novices ou marginaux ont été autorisés à se présenter.
Cette situation soulève de sérieuses inquiétudes sur l’état de la démocratie en Tanzanie, où le pluralisme politique semble de plus en plus compromis à l’approche d’échéances électorales cruciales.
