Par Julie Peh
Cette démarche politique intervient dans un contexte complexe, marqué par des défis judiciaires persistants et une polarisation croissante au sein de la société kenyane. Ancien allié de William Ruto, qu’il avait soutenu lors de sa montée au pouvoir, Rigathi Gachagua se trouve désormais en opposition avec la présidence. Il a été destitué de ses fonctions par le Parlement puis par le Sénat, devenant le premier vice-président à être ainsi démis depuis l’adoption de la Constitution de 2010.
Les accusations portées contre lui, notamment un soutien aux manifestations antigouvernementales et des liens présumés avec des affaires de corruption, sont fermement rejetées par Gachagua, qui les qualifie d’« infondées ». Depuis son éviction, il s’efforce de rassembler un large éventail de soutiens, en particulier dans sa région natale du Mont Kenya, où il cherche à consolider une base électorale solide.
Cette candidature s’inscrit aussi dans un contexte où le Kenya fait face à des défis majeurs, tels que les inégalités sociales, les tensions ethniques et la nécessité d’une gouvernance transparente et inclusive. Plusieurs voix appellent à un renforcement de la participation citoyenne et à des réformes pour répondre aux aspirations d’une population jeune et dynamique.
Pour porter ces ambitions, Rigathi Gachagua a lancé, le 15 mai dernier, un nouveau parti politique, le Democracy for the Citizens Party (DCP), qu’il entend utiliser comme plateforme pour une campagne axée sur la justice sociale, la lutte contre la corruption et la cohésion nationale.
